Lot n° 428

CHARDONNE Jacques (1894-1968). 19 L.A.S. «J.C.», La Frette, Paris et Megève 1er mai-13 juillet 1953, à Roger NIMIER ; 44 pages la plupart in-8, enveloppes. Correspondance très dense, où Chardonne se livre à bâtons rompus. Il...

Estimation : 1000 - 1500
Adjudication : 3 400 €
Description
relate sa lecture de revues et journaux : Carrefour, la Parisienne, Aux écoutes (on joint un article de Vialatte sur Chardonne). Les lettres sont émaillées de noms et de jugements parfois péremptoires : Claude ROY, Bernard FRANK, Paul MORAND, Roland LAUDENBACH, Jean COCTEAU, qu'il n'avait pas vu depuis 20 ans : «le même ; délicieux», Dominique AURY «ma préférée à la N.R.F.», François MAURIAC, Christian MILLAU, Marcel ARLAND, Maurice BLANCHOT, André FRAIGNEAU, sa biographe Ginette GUITARD ; il a lu L'Europe buissonnière d'Antoine BLONDIN, «éblouissant (bien supérieur aux Enfants du Bon Dieu)». Sur André MALRAUX : «je crois toujours que Malraux écrit en charabias, qu'il est intelligent, mais pas plus que le premier venu en France [...] que “l'homme d'action” chez lui est une mascarade [...] En somme, médiocre en tout»» ; en Savoie, il a relu La Condition humaine : «Comme style c'est pire que Zola (ou Paul Adam) [...] Phrases courtes, de même coupe, informes, infirmes, monotones, stridentes, toujours au paroxysme de la violence. Littérature de jazz. Mode d'un jour»... Sont logés à la même enseigne Paul CLAUDEL, Jean-Paul SARTRE et Albert CAMUS «le benêt [...] L'Étranger c'est bien. Ça ne suffit pas. Une bluette»... Sur MONTHERLANT, dont il dénonce l'attitude sous l'Occupation, et son ignoble procès contre Grasset : «Montherlant me répugne, désormais. Je le crierai partout. Gide avait raison : c'est un être bas»... Il évoque également son oeuvre : le succès de Vivre à Madère ; à propos des Destinées sentimentales : «C'est beaucoup trop gros. Lisez les 50 premières pages seulement ; vous verrez le genre. Le reste plus tard ! plus tard !». Il invite Nimier à déjeuner chez Maxim's, et à venir à La Frette pour «montrer votre belle voiture ; vous amènerez une jolie dame ; on vous donnera du punch blanc»... Il joint une lettre de Marcel ARLAND parlant de Nimier.
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