Lot n° 431

CHARDONNE Jacques (1894-1968). 19 L.A.S. «J.» ou «J.C», La Frette et Paris 6 novembre - 28 décembre 1958, à Roger NIMIER, chez Gallimard ; 35 pages in-8 ou in-4 sur papier quadrillé, enveloppes. Commentaires sur les...

Estimation : 1000 - 1500
Adjudication : 3 400 €
Description
périodiques littéraires : Arts qui périclite, Les Échos «très faible», Le Figaro littéraire, la N.R.F., etc., et des journalistes et critiques : André Parinaud, André Billy «nul, depuis 50 ans», Pierre Boutang, Félicien Marceau, Dominique Fernandez qui «a écrit un détestable roman, mais c'est un critique excellent», Pierre Marcabru au théâtre, Jean d'Ormesson quelquefois «pitoyable, ou risible comme on voudra»... Il refuse de signer une protestation en faveur de PASTERNAK, «quand l'Académie Française proscrit un grand écrivain français [Morand], pour des raisons politiques»... Les let tres sont émaillées de jugements, comme sur MONTHERLANT : «La grande faute de Montherlant, c'est qu'il aime les femmes comme des garçons ; l'amour comme entre garçons. Et c'est les 3/4 de son oeuvre et de sa pensée. Il ne semble pas se douter que pour les femmes (9 sur 10), l'amour ce n'est pas offrir leur poitrine ; il s'agit de leur “coeur”, de leur “âme”, de toute leur personne. Cela m'a toujours fait reculer. Sorti de Rome et de l'Espagne, il perd beaucoup»... «Montherlant est sans doute l'écrivain qui aura écrit le plus de bêtises, mais il écrit bien ; un grand écrivain. JOUHANDEAU devrait se surveiller»... Il évoque ses déjeuners chez Paul MORAND : «sa femme me disait que ce qu'il écrit est souvent baclé, elle doit lui faire recommencer sa copie ; et après, il ne faut plus lui parler de ce qu'il a écrit. Notez qu'il n'admire vraiment aucun écrivain, sauf Gobineau peut-être, parce qu'il a été ambassadeur. Si un écrivain ne met pas un soin infini dans ce qu'il écrit, n'y attache que peu d'importance, n'en fait pas sa chair, son art n'aura pas compté pour lui. De ce côté-là, le vide chez Morand. Vraiment homme du désert. Il n'aura un peu goûté que le brillant de sa vie de jadis (le côté ambassade, monde, tirages ; à condition de passer vite)»... Il félicite Nimier pour sa préface au Rouge et le Noir, dont Morand lui a fait l'éloge, et se demande s'il a été de bon conseil en lui disant «de ne pas “écrire” quelque temps» le livrant ainsi «aux deux sortes d'ennuis, fermant les portes sur le pire». Il l'encourage cependant à rester chez Gallimard : ««Bon refuge. Travaillez». Sont aussi mentionnés les Hussards : Blondin, Déon, Laurent ainsi que Bernard Frank, qu'il traite de «limace». Il lit les contemporains : Fabre-Luce, Claude Simon (L'Herbe), Mauriac. La Semaine Sainte d'Aragon dont il loue la critique par Kleber Haedens, etc. On joint 4 L.A.S. du colonel Pierre DENFERT-ROCHEREAU, 1876-1877, à Germer Baillière.
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