Lot n° 433

CHATEAUBRIAND François-René de (1768-1848). L.S. «Chateaubriand» avec corrections autographes, Paris juin 1832, au Rédacteur en chef du Temps ; 7 pages in-4 montées sur des feuillets in-fol. Chateaubriand défend la liberté de...

Estimation : 1500 - 2000
Adjudication : 700 €
Description
la Presse. [En juillet 1830, les quatre ordonnances qui limitaient la liberté de la presse furent à l'origine de la Révolution de Juillet. Deux ans plus tard, alors retiré de la vie politique, Chateaubriand s'insurge, une fois encore, avec véhémence contre la censure. Le texte est de la main de son secrétaire Hyacinthe PILORGE ; Chateaubriand y a porté douze corrections ou additions autographes.] Face à des mesures «attentatoires à la liberté de la presse», il croit «devoir pour me conformer aux principes de ma vie politique, élever en faveur de la liberté qui renferme toutes les autres, une voix qu'elle n'a jamais trouvée muette autant des persécutions. On a mis Paris en état de siège», et rétabli la censure, comme sous la Convention, «avec cette différence qu'une commission militaire remplace le tribunal révolutionnaire». Il rappelle alors les termes de l'article 5 de l'impitoyable loi de Couthon... «Les ministres de Charles X avaient mis aussi Paris en état de siège. Si quelqu'un a blâmé les fatales ordonnances, c'est moi ; si quelqu'un a protesté contre l'emploi de la force à l'appui de ces actes illégaux, c'est moi»... Il constate : «Avec des lois d'exception on peut marcher quelque temps, mais on ne va pas loin ; témoins la République, l'Empire même et la Restauration». Il restera ferme sur ses principes, malgré les risques : «plus un pouvoir est foible, plus il est cruel, parce qu'il croit par là se donner un renom de force et de courage. Le Juste milieu peut donc me faire arrêter comme fauteur de liberté, et comme adhérent à la foi jurée : on ne l'accusera jamais des mêmes attentats»...
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