Lot n° 522

MURGER Henry (1822-1861). L.A.S. «Henry Murger», 7 janvier [1844], à Léon NOËL au collège d'Orléans ; 2 pages grand in-8, adresse (2 portraits joints). Longue lettre sur la vie de bohème, dans laquelle il évoque ses...

Estimation : 400 - 500
Adjudication : 250 €
Description
misères, son travail et ses amis, dont NADAR et Théodore de BANVILLE. Il raconte à son ami sa vie «depuis 4 mois que je suis sorti de l'hôpital, à cette époque, un jeune ami de Desbrosses [le sculpteur Joseph DESBROSSES (1819-1844) qui lui inspira le personnage du sculpteur Jacques dans les Scènes de la vie de bohème] que je connaissais m'offrit de partager son domicile et la pension qu'il recevait de ses parents. [...] j'ai donc vécu avec lui pendant trois mois à ses frais». Il a voulu tenter l'aventure du théâtre et a écrit avec lui un vaudeville qu'ils ont présenté à quelques théâtres : «en ce moment il doit être mangé aux vers dans les cartons de quelque mauvais lieu dramatique. Cela fait, je me suis remis à faire de l'art, j'ai commencé quelque chose comme un drame [...] puis les empêchemens matériels sont arrivés qui m'ont fait cesser le travail». En outre, il a subi mille tracas, et il est en froid avec les Desbrosses : «toutes ces sottes querelles sont nées de notre misère commune à tous»... Tournachon [NADAR] lui a trouvé un poste au Commerce ; «il est dans ce moment dans la maison de santé de Ricord. Si tu lis Le Commerce tu as dû voir un roman de lui qui est en publication». Le futur Nadar lui a aussi présenté Théodore de BANVILLE «et d'autres jeunes gens du quartier latin qui forment une petite coterie. Banville est un gentil garçon, mais comme tous ces jeunes gens [...] il a malheureusement une haute et déplorable prétention - Tournachon le trouve très fort - je crois que c'est histoire de faire du paradoxe - c'est un genre dont il abuse. En somme tous ces gens là peuvent avoir du talent, être artiste, mais poëtes jamais - ils n'ont pas de coeur ni les uns ni les autres et le triste c'est qu'ils s'en vantent. Eux et leurs oeuvres ne sont que des pastiches incolores d'Alfred de Musset et de Gauthier»... Il ne veut plus être en relation avec Rozan, «infâme menteur qui a eu le front de me dire qu'il venait pour collaborer à la Revue indépendante»... Murger est à présent dans une situation bien difficile : le jeune homme lui ayant fait comprendre qu'il ne le voulait plus chez lui, il se retrouve sans domicile ; «je demeure maintenant à l'hôtel garni de Tournachon, il m'a laissé sa chambre»...
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