Lot n° 530

REINACH Salomon (1858-1932). 10 L.A.S. «S» ou paraphe, 1928-1929, à Liane de POUGY, princesse Georges GHIKA ; 21 pages in-8 ou in-12, la plupart à son adresse 16, Avenue Victor Hugo Boulogne-sur-Seine (3 sur papier deuil), 2 adresses....

Estimation : 400 - 500
Adjudication : 150 €
Description
Belle correspondance intime de l'érudit à la courtisane-princesse. L'éminent savant, membre de l'Institut, archéologue, philologue et conservateur du Musée des Antiquités de Saint-Germain-en- Laye (près de la demeure des Ghika), a été le confident de Liane de Pougy. Reinach raconte son voyage à Londres. Il défend les principes de «l'inviolabilité de la vie humaine» et de la liberté, mais «l'intérêt social» peut justifier qu'on passe outre. Il évoque des découvertes archéologiques à Ur. Il envoie à Liane de l'argent pour l'asile Sainte-Agnès, et la félicite de sa mobilisation et de son engagement : [5 octobre] «Ces bonnes soeurs ont trouvé en vous une providence et je ne puis qu'approuver votre dessein de faire servir à leur oeuvre modeste les ressources que vous pourrez diriger de leur côté»... Quant à la littérature, il n'admire pas PAULHAN, «un habile homme, mais qui se donne bien du mal pour dire du nouveau qui ne l'est guère, et cela beaucoup trop longuement. [...] Le compte rendu par KESSEL du roman scabreux de Jean DESBORDES m'a intéressé. Kessel a bien du talent»... [30 octobre] Son frère, «puissante intelligence», est décédé... 8 mars 1929, il parle des Cahiers bleus de Liane, de son portrait de la «Fürstin» : «Natalie [BARNEY] a pu la tolérer comme moi, mais elle, qui est la simplicité même, qui a traversé toute jeune l'esthétisme comme on passe par la rougeole, mais a bien vite rejeté le “factice et le fard” pour n'être que Natalie, ne pouvait certes pas s'accommoder de cette perpétuelle mise en scène et de ce travestissement étudié»...
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