Lot n° 563

DULAURIER Édouard (1807-1881) orientaliste, spécialiste des études arméniennes. 44 L.A.S. «Ed. Dulaurier», 1850-1866, à Marie-Félicité BROSSET de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg» ;...

Estimation : 600 - 800
Adjudication : 850 €
Description
environ 100 pages in-4 ou in-8, quelques adresses. Intéressante et longue correspondance avec son homologue Marie-Félicité BROSSET (1802-1880), orientaliste français, spécialiste des études géorgiennes et arméniennes, établi en Russie. Échanges très fournis sur leurs travaux respectifs, leurs collaborations, et leurs recherches : demandes et offres d'informations, de documents, prêts d'ouvrages, etc. Cette correspondance se concentre sur leurs études arméniennes et géorgiennes ; c'est principalement par la voie des ambassades et du ministère des Affaires étrangères que les documents vont circuler entre eux, notamment des ouvrages précieux que Brosset lui envoie de la Bibliothèque Impériale introuvables en occident... 1850. Brosset travaille à son Voyage en Géorgie, et Dulaurier va lui faire parvenir l'Atlas Arménien. Ce dernier est à la recherche d'un orientaliste en Russie qui pourrait travailler sur «le Grand Dictionnaire géographique de YACOUT que vous possédez», dont il voudrait publier l'article sur l'Inde dans le Journal de la Société asiatique, etc... Ses cours aux Langues Orientales étant terminés, il aura le temps de copier le manuscrit de VARTAN que va lui envoyer Brosset, qu'il attend avec impatience [il en publiera des extraits traduits par lui dans le Journal Asiatique, n°XV, juillet-décembre 1860, Extraits de l'histoire universelle de Vartan le grand, fragments traduits sur les textes originaux par M. Dulaurier], qu'il pourra ainsi lui retourner promptement... «Si de mon côté je puis ici vous être bon à quelque chose, veuillez disposer de moi comme d'un compatriote qui vous est tout dévoué et qui plus que personne apprécie et lit vos savants travaux»... Sur son Histoire de Géorgie : «C'est un ouvrage capital [...] qui offre un intérêt historique important et réel». Il lui fait son rapport sur cet ouvrage, avec de nombreuses remarques. Il annonce la prochaine parution de sa traduction de son Mathieu d'Édesse [Récit de la première croisade, extrait de la Chronique de Mathieu d'Édesse, trad. de l'arménien par Dulaurier, Duprat, 1850]... 15 décembre 1850. Il lui envoie le Geographica Caucasica de M. Dom, et annonce : «Voici enfin mon travail sur Matthieu d'Estève, il n'est pas complet puisqu'il manque l'appendice, la chronique du P. Grégoire. Ce dernier morceau paraîtra dans ma Collection de Fragments arméniens relatifs aux Croisades», etc. Il évoque la possibilité de l'élection de Brosset comme «membre correspondant de notre Société Aisatique»... «Vous avez d'excellents matériaux entre les mains par la profusion des nombreux manuscrits arméniens que vous conservez dans la Bibliothèque de l'Académie Impériale», dont il n'ose pas rêver à Paris ; il le remercie de la peine qu'il prend pour lui en faire parvenir quelques-uns... Et. Publications dans le Journal Asiatique, et autres, notamment en collaboration et avec l'Institut Lazareff des langues orientales, fondé à Moscou par la famille de LAZAREFF (1852), etc. En avril 1857 il lui envoie sa Bibliothèque historique arménienne. 2-14 mai 1857. Très intéressante lettre sur son ouvrage Histoire, dogmes, traditions et liturgie de l'Église arménienne orientale (Paris, A. Franck, 1857) : «La pensée qui a inspiré ce livre est celle de faire connaître avec vérité les doctrines de l'Église arménienne défigurée ou calomniée jusqu'ici par la malveillance ou l'ignorance». En 1855 il l'avait publié anonymement, pour des raisons politiques ; aujourd'hui, il le revendique : «Je dis donc que ce livre m'appartient, parce qu'il est bien et réellement de moi». Il l'avertit aussi que dans la Bibliothèque arménienne, l'impression de sa Chronologie va commencer à l'Imprimerie impériale, et l'impression de son Matthieu d'Édesse chez Firmin-Didot... Plusieurs désaccords, envenimés par la rumeur qui raconte que Brousset essaierait de démolir la candidature de Dulaurier à l'Académie impériale, vont faire que leurs relations vont se distendre pour renouer en 1864. Dulaurier a regretté cette interruption momentanée, et il espère pouvoir recevoir Brousset à Paris, lui exprimant «les témoignages de haute et véritable estime que m'inspirent vos nombreux et savants travaux. D'ailleurs quelques légères différences littéraires ne sauraient en rien altérer les bons rapports de la vie privée»... Nombreuses allusions à ses publications du Recueil des Historiens des Croisades - Documents arméniens. 1869, etc. On joint quelques notes autographes de Brosset, et divers documents.
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