Lot n° 581

CAMPAN Jeanne Louise Genet, Madame (1752-1822) lectrice de Mesdames filles de Louis XV, secrétaire et confidente de Marie-Antoinette, institutrice et pédagogue, elle dirigea la Maison d'éducation de la Légion d'Honneur d'Écouen. L.A.,...

Estimation : 700 - 800
Adjudication : 400 €
Description
28 décembre 1800, [au comte Trophime-Gérard de LALLYTOLENDAL] ; 8 pages petit in-4. Ayant été dans une grande incertitude, elle est ravie de savoir qu'elle gardera Eliza (la fille du comte) encore plusieurs mois : «cette enfant qui a toujours dénotté de l'intelligence, et une parfaite organisation, qui ne s'est trouvée un peu retardée que par une sorte d'indolence, de non émulation qui tient à la paresse n'a besoin souvent que d'un moment décisif pour employer tout ce qu'elle sait ; faire usage de ce qu'elle doit à la nature et prendre en quelque sorte un élan qui en peu de temps lui fait franchir un grand espace»... Elle fait le portrait de l'enfant, petite, gracieuse, aux mains et bras charmants, soigneuse de son apparence... «Elle danse à merveille non pas cependant comme à Paris où depuis quelques années on danse beaucoup trop bien puisqu'un nombre infini de jeunes personnes rivalisent avec nos meilleurs figurantes de l'Opéra. En soignant beaucoup la danse chez moi j'ai mis un soin persévérant à en éloigner ce mauvais goût»... On applaudit ses élèves dans les assemblées les plus brillantes, pour leur talent et leur maintien : «Mlle de BEAUHARNAIS [Hortense] qui ne se borne pas à ce seul avantage possédant tous les genres de talens unis au meilleur ton, à la plus constante modestie est une de celles qui me fait le plus d'honneur»... Eliza parle français aussi bien que l'anglais, mais «silentieuse lorsqu'il faut converser, et jabotteuse tout bas avec ses compagnes elle employe peu ce qu'elle sait»... Mme Campan passe en revue son jeu de piano, son chant, son italien, ses connaissances de l'histoire ancienne et moderne, de la mythologie e de la géographie. Elle lui reproche une certaine indolence ; il est «essentiel» qu'Eliza passe directement de ses mains, à celles de son père...
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