Lot n° 591

CUSTINE Adam-Philippe de (1740-1793) général. L.S. «Custine», Cambrai 6 juin 1793, au général Alexandre de BEAUHARNAIS ; 2 pages in-fol. Très belle lettre comme général en chef des armées du Nord et des Ardennes. Custine...

Estimation : 700 - 800
Adjudication : 180 €
Description
supplie Beauharnais de lire ses dernières dépêches : «Lisez et pesez ma position : elle est telle que la Republique est perdue si le concert et l'accord des bons citoyens ne la sauvent. Vous verez dans ces depeches, le tableau vrai de ce qu'est l'armée que je commande aujourdhuy : vous y verez mon opinion sur la maniere d'operer seule capable de nous sauver. Pesez mes diverses reflexions que j'adresse au Comité du Salut public et au Gal KELLERMANN. Vous conviendrez sans doute avec moi, que plus nous nous eloignons de l'instant ou Mayence a dut etre attaqué, plus les avantages que nous avons sur nos enemis seront grands, puisque Mayence usera une partie de leurs forces et nous donnera plus de facilités a penetrer jusque sous les murs ou nous devons leur porter le coup mortel. Preparez vous une marche commode en versant dans Landau des apprivosionements, en faisant raccommoder les routes pour arriver a cette place. Je le repete plus nous retarderons le moment d'operer, lorsque Mayence ne sera pas pris plus nous pourrons diriger nos operations en grand, plus les coups que nous porterons alors seront mortels. Reflechissez ces vérités»... Puis Custine flatte son frère d'armes pour mieux le convaincre : «Vous connoissez, mon cher Beauharnais, l'opinion que j'ai de vous ; la justesse de votre esprit, votre courage, vous rendent un des hommes les plus susceptibles dacquerir les talents necessaires pour servir la Republique utilement en guerre : il vous faut de l'experience, ce que les reflexions et les années seules donnent ; il vous faut la connoissance des moyens de nos enemis, et des caracteres des hommes qui les commandent ; voila mes avantages sur vous aujourdhuy : travaillez, acquerez. Je ne serai jamais jaloux de me voir surpasser. J'aime ma patrie, je desire vivement son salut, je vous aime, contribuez a son bonheur, je vous en aimerai plus encore. Souvenez vous que pour atteindre le but que je vous propose, il faut un grand caractere : que celui qui ne l'a pas doit se le faire : c'est a quoi j'ai ete reduit. La nature et mon education me l'avoient refusés, la connaissance des hommes et mes refflexions me l'ont donné. Aussi un de ses etres dont la sience et le tact jugent parfaitement les hommes me disoit que jetois l'homme aux deux caracteres parfaitement distinct, l'un pour mes amis, dans societé et l'autre pour mes devoirs»...
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