Lot n° 616

MAINTENON Françoise d'Aubigné, marquise de (1635-1719). MANUSCRIT de la main de sa secrétaire Mademoiselle d'AUMALE, 1718-1719 ; cahier de 15 pages in-4. Testament de la marquise de Maintenon, et relation des derniers instants de Louis XIV,...

Estimation : 4000 - 5000
Adjudication : 3 000 €
Description
copiés par sa fidèle secrétaire Mademoiselle d'Aumale. Marie-Jeanne d'AUMALE (1683-1756) a copié les volontés testamentaires faites par Mme de Maintenon à Saint-Cyr le 11 décembre 1718, d'abord au sujet de «tous mes petits Livres secrets» qui doivent être «mis entre les mains de ma Sr du Perou», et priant l'évêque de Chartres «de luy permettre de les garder toute sa vie». Suit le testament proprement dit, «Disposition de ce qui se trouvera icy a moy le jour de ma mort, tant en argent entre les mains de la depositaire, ou dans mon bureau, qu'en meubles» : «Je desire d'estre enterrée avec les dames de St Louis» ; elle distribue son argent : pour des messes, aux pauvres, à ses domestiques, aux Bénédictines de Moret, un reliquat éventuel devant être partagé entre Mmes de Mailly et de Caylus ; elle lègue aussi son argenterie, des meubles, un diamant, des crucifix et son linge à Mlle d'Aumale, Mme de Caylus, la duchesse de Noailles, l'évêque de Chartres, l'archevêque de Rouen, etc., et elle prévoit plusieurs pensions viagères ; un codicille est ajouté le 11 février 1719 au dos du testament : «Je recommande la petite de La Tour a Madame la Superieure, et a toute la communauté». Suit une liste de 16 articles de vaisselle d'argent et l'inventaire du «meuble bleu», donnés à Mlle d'Aumale ; puis l'inventaire du «meuble cramoisy», donné à la comtesse de Caylus. Suivent les relations suivantes : Dernieres paroles du Roy. Mme de Maintenon rapporte fidèlement es derniers propos de LOUIS XIV : «Je suis en paix mon confesseur veut que jaye une confience entiere [...] mais je ne me console pas davoir offensé Dieu. [...] jespere dans la misericorde de Dieu»... Mme de Maintenon apparaît elle-même dans son récit, au chevet de l'agonisant : «Pendant les prieres de lagonie on lentendit prononcer nunc et in hora mortis nostræ Amen. Il me dit trois fois à Dieu. La premiere en me disant qu'il n'avoit de regret que celuy de me quitter, mais que nous nous reverrions bientot, je le priay de ne plus penser qu'a Dieu. La seconde il me demanda pardon de n'avoir pas assés bien vescu avec moi, qu'il ne m'avoit point renduë heureuse, mais qu'il m'avoit toujours aimée et estimée également, il pleuroit et me demanda sil ny avoit persone je luy dis que non, il dit quand on entendroit que je mattendris avec vous persone nen seroit surpris. Je m'en allai pour ne luy pas faire de mal. A la troisieme il me dit qu'alés vous devenir car vous navés rien. Je repondis je suis un rien, ne vous occupés que de Dieu et je le quittay». Mais elle pensa que dans l'incertitude du traitement que lui feraient les princes, elle devait demander qu'il priât le duc d'Orléans d'avoir de la considération pour elle, et le Roi le fit... «Le dernier jour que je le vis il me dit me voyant toujours auprès de luy Jadmire votre courage et votre amitié d'estre toujours la, et a un si triste spectacle». Mme de Maintenon note ensuite les termes dans lesquelles le Roi la recommanda à son neveu le duc d'Orléans. Conversation de Mgr le duc d'Orléans avec Md de Maintenon, 6 septembre 1715 (cinq jours après la mort du Roi), rapportée par Mme de Maintenon et copiée par Mlle d'Aumale. Le Régent assure Mme de Maintenon de toute sa considération, non seulement par devoir prescrit par feu le Roi mais par estime personnelle. Il lui dit qu'il avait pris des mesures pour qu'on lui donnât ce que le Roi lui léguait sur sa cassette ; elle répond «que cestoit trop dans lestat ou sont les finances et que je nen desirois pas tant, il a repliqué que cestoit une bagatelle, mais quil estoit vray que les finances estoient en mauvais estat»... Il sent déjà tout le poids du fardeau qu'il porte : «je lui ai dit quil le sentiroit encore davantage»... Il dit son ambition de rétablir les affaires du Royaume, et son désir sincère de conserver le jeune prince, n'aspirant, pour lui-même, qu'au repos et à l'honneur : «je lui ai repondu que sil navoit point le desir insatiable de regner dont il avoit toujours esté accusé, ce quil projestoit estoit cent fois plus glorieux, il ma repliqué que si on perdoit le jeune Roy, il ne regneroit pas en repos, et qu'on auroit la guerre avec l'Espagne»... Elle s'engage enfin à ne rien faire contre le Régent et à se consacrer à «achever la fondation de St Cir». Cecy est un petit memoire qui netoit pas du testament. Liste de legs pour ses femmes de chambre Madeleine Poulain et Françoise Leger, dont «le portrait du Roy qui est dans mon antichambre» (11 septembre 1718). En tête, on a ajouté 8 pages, avec la copie plus tardive des «Dernières paroles du Roy Louis quatorze», de la conversation avec le Régent, et du testament ; pu
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