Description
Paris, Philippe Pigouchet pour Simon Vostre, s.d. [vers 1502 (almanach pour 1502-1520)]. Grand in-8 (183 x 115 mm) sur peau de vélin de 92 ff., sign. a-l8 m4 ; maroquin havane janséniste, doublures et gardes de vélin blanc, tranches dorées (Chambolle-Duru). Précieux et très rare livre d’heures imprimé en caractères gothiques sur peau de vélin par Philippe Pigouchet pour le compte du libraire Simon Vostre.
L’illustration se compose de 17 grandes gravures à pleine page : la marque de Philippe Pigouchet (f. a1r), L’homme anatomique (f. a2r), Le Martyr de saint Jean (f. a8v), La Trahison de Judas (f. b3v), L’Arbre de Jessé (f. b8r), La Visitation (f. c7r), La Crucifixion (f. d4r), La Pentecôte (f. d5r), La Nativité (f. d6r), L’Adoration des bergers (f. d8r), L’Adoration des mages (f. e2r), La Présentation au Temple (f. e4r), La Fuite en Égypte (f. e6r), La Dormition de la Vierge (f. f1r), David et Bethsabée au bain (f. f8r), Le Jugement dernier avec, en bas, la Résurrection des morts (f. g8r), la Sainte Trinité (f. i6v).
Le texte est encadré de bordures consacrées aux zodiaques et aux travaux des mois dans le calendrier, aux prophètes et aux sibylles, à l’histoire de Joseph, à la vie du Christ et de la Vierge, etc., ainsi qu’à une curieuse Danse macabre (ff. h1 à i6).
Ces gravures sont issues de dessins d’un artiste désigné comme le Maître de la rose de la Sainte-Chapelle par Ina Nettekoven, et comme le Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne par Nicole Reynaud, qui propose de l’identifier à Jean d’Ypres, mort en 1508, lequel fait partie d’une triade d’artistes d’origine amiénoise installés à Paris à partir des années 1450.
Jean d’Ypres, à la fois peintre, enlumineur, dessinateur de gravures, de tapisseries et de cartons de vitraux, fournit en dessins les éditeurs parisiens à partir de 1490 jusque vers 1510. Ina Nettekoven sépare la production manuscrite entre trois personnalités distinctes, c’est pourquoi les auteurs du catalogue d’exposition France 1500. Entre Moyen Âge et Renaissance (Paris, 2010), à la suite d’Isabelle Delaunay, préfèrent le nom plus général de « style d’Ypres » pour désigner les gravures, leurs copies, les xylographies de cette manière.
Les gravures des Heures de Simon Vostre sont considérées comme le chef-d’œuvre du Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne. On en trouve des copies chez Antoine Vérard et des dérivés chez Thielman Kerver entre autres.
Initiales rehaussées à l’or sur fonds bleus et/ou rouges.
Exemplaire à belles marges et bien conservé, cité par Lacombe d'après le Bulletin de la librairie Morgand (1904, X, n°46167).
Brunissures aux ff. b1-b2.
Bohatta, n°675 – Lacombe, n°113 (ex. cité) – Van Praet, suppl., VI, p. 18, n°163 bis – Brunet, Heures n°60 – Moreau, I, n° 73 – I. Nettekoven, Der Meister der Apokalypsenrose der Saint Chapelle und die Pariser Buchkunst um 1500, Turnhout, Brepols, 2003 – F. Avril et N. Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Paris, BnF, 1993, pp. 265-270 (notice de N. Reynaud) – I. Delaunay, « Quelques dates importantes dans la carrière du Maître des Très Petites Heures d'Anne de Bretagne », in C. Rabel (dir.), Le Manuscrit enluminé, Paris, Le Léopard d'or, 2014, pp. 147-166.