Lot n° 30

DEL BENE (Bartolomeo) — Civitas veri sive morum.

Estimation : 5000 - 6000 €
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Description
Paris, A. & J. Drouart, 1609. In-folio (320 x 203 mm), vélin ivoire, dos lisse, tranches lisses (Reliure de l'époque).Édition originale, dédiée à Henri IV.
Cette curieuse utopie philosophique sur la Cité idéale est une réinterprétation en vers latins de l'Éthique à Nicomaque d’Aristote, qui évoque aussi bien Le Songe de Poliphile que les arts de la mémoire étudiés par Frances A. Yates. Son illustration a parfois été présentée comme une anticipation du surréalisme.
Superbe illustration gravée sur cuivre, composée d'un titre-frontispice par Thomas de Leu et de 33 grandes figures allégoriques, dont une à double-page et les autres dans le texte. Robert Dumesnil les attribue à Thomas de Leu, tandis que Jeanne Duportal y voit plutôt la main de Jaspar Isaac, l'illustrateur des Tableaux de platte peinture des deux Philostrate.
Natif de Val d'Elsa, Barthélemy Del Bene (1515-1595) quitta l'Italie pour se fixer à Lyon à la suite d'un complot manqué contre les Médicis. Après quelques années à la chambre du roi Henri II, il fut attaché au service de Marguerite de Valois, la suivit à Turin, et lui resta fidèle jusqu'à sa mort en 1574. C'est à cette date qu'il rentra définitivement à la cour de France sous Henri III. Homme de culture, il composa des poèmes en italien, certains furent imprimés dans les Œuvres de Ronsard de 1597, et composa en latin le présent ouvrage intitulé littéralement La Cité du Vrai ou des Mœurs.
Exemplaire grand de marges conservé dans sa première reliure en vélin ivoire, bien complet des feuillets liminaires A3-A4, qui manquent très souvent ; le premier contient un poème latin de Theodorus Marcilius dédié au dauphin, le futur Louis XIII, et le second est blanc. Ex-libris manuscrit ancien sur une garde : Jacobus Lambin.
De la bibliothèque Patu de Mello (1800, n°1522), avec mention manuscrite sur une garde. André-Claude Patu (1726-1799), fils du notaire des Montmorency et ancien payeur des rentes de l’Hôtel-de-ville de Paris, avait acquis la seigneurie de Mello en 1769. Il possédait un important cabinet de machines et d'instruments scientifiques.
Petite galerie de vers sans gravité dans la marge inférieure des cahiers I-K.
Paultre, pp. 147-149 – Dumesnil, X, 121-151 – Duportal, 155 – Praz, 314 – Updike, I, 206.
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