Lot n° 365

François-Adrien BOIELDIEU. L.A.S., 6 novembre 1824, à Édouard Boilly à Rome ; 2 pages et demie in-4, adresse.
Longue et intéressante lettre à son élève, alors pensionnaire à la Villa Médicis. Édouard Boilly (1799-1854) était le fils...

Estimation : 700 - 800
Enchérir sur
www.drouotdigital.com
Description
du peintre Louis-Léopold Boilly.
Il a été souffrant après les répétitions de Béniowski ou Les Exilés du Kamtchatka (1800, nouvelle version à l’Opéra-Comique le 20 juillet 1824), « puis j’ai été me promener en Normandie, j’ai été montrer la mer à Adrien, j’ai courru quelques campagnes ». Il encourage Boilly à « faire un opéra italien de La Somnanbule… Bien certainement c’est un charmant cadre à musique outre que c’est une fort jolie pièce. Quoi que les Italiens ne fassent attention qu’à la musique, l’intérêt du poème non seulement en aspirant davantage le compositeur ajoute beaucoup à l’illusion musicale du spectateur ». Il cite les opéras de Rossini, dont les « bons poëmes » ont contribué à leur succès. « Il y a une jolie teinte à donner à toute la scène du somnanbulisme. Les sourdines peuvent et doivent même y jouer un grand rôle, et ce genre de musique mystérieuse a toujours de l’effet. Il y a un bien joli duo à faire entre les deux amans, le valet peut être un joli rôle bouffe »…
Puis il parle du concours de l’Institut, et des intrigues de Le Sueur. Adolphe Adam a concouru, face à Guillon et Barbero [Barbereau], qui a eu le 1er prix. Quant à l’état de la musique à Paris, « on parait un peu fatigué de Rossini mais on ne veut pas l’avouer. […] Beniowsky a eu un grand succès de musique et a fait revenir à moi bien des gens qui s’en étaient éloignés. Je n’ai pas été fâché de cette petite épreuve, elle m’a véritablement donné de la confiance en moi. Aussi suis-je assuré maintenant que notre public français ne tient pas plus à un genre qu’à un autre pourvu qu’on soit franc d’effet, qu’il y ait du chant, du bon goût, et un orchestre significatif n’importe le genre et l’école »… Scribe lui a apporté un nouvel ouvrage : « en lisant ses trois actes nous avons trouvé que c’était un sujet de comédie et non un opéra. Ce sera très piquant et assez musical. C’est la Dame blanche, c’est un mélange de Guy Manering et du Monastère de Walter Scott. Bref je suis très content et je commence demain à travailler pour ne quitter que quand ce 1er acte sera terminé »…
Partager