Lot n° 403

Louis ARAGON (1897-1982). Manuscrit autographe signé, [1963] ; 1 page et demie in-4.
Sur le rapprochement franco-allemand.
« La haine entretenue entre la France et l’Allemagne […] a toujours été contraire à mes sentiments ». Les...

Estimation : 300 - 400
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Description
hommes de sa génération étaient nourris de culture allemande et, à la veille de la seconde guerre mondiale, il a essayé de le dire dans la revue qu’il dirigeait. « L’invasion m’a naturellement trouvé comme un combattant, un défenseur de ma patrie. Je ne crois pas, même au cœur du combat contre l’occupant, avoir jamais étendu ma colère au-delà des hommes dont les crimes la méritaient. » La paix revenue, il a préfacé un livre d’Heinrich von Kleist et souhaite le rapprochement franco-allemand, « un rapprochement du cœur, et non des chancelleries. […] Le “rapprochement” de nos gouvernements a par malheur trop l’air de n’être qu’une alliance en vue d’une guerre éventuelle. L’amitié entre nous ne peut être qu’une amitié pour la paix », et bien que l’Allemagne soit divisée, le rapprochement doit se faire avec « tous les Allemands ». Mais « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. […] Que les Allemands commencent par se réconcilier, alors, je le crois pour mon pays, le peuple français prendra avec sincérité la main du peuple allemand ». Et il conclut : « De toute façon, l’amitié franco-allemande ne pourra être franche, et durable, si elle est accompagnée du bruit de gâchette des fusils qu’on arme, et d’un fâcheux orchestre de bottes, de part et d’autre. »
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