Lot n° 450

Max JACOB (1876-1944). L.A.S., « 33 Boulevart Barbès » 16 mai 1906, à Henri Hertz ; 4 pages in-8.
Très belle lettre littéraire sur la poésie et la modernité. [Henri Hertz (1875-1966) venait de publier chez L. Vanier Quelques...

Estimation : 700 - 800
Adjudication : Invendu
Description
vers.]
« La distinction du beau traditionnel et du beau moderniste est absurde : il y a là le beau et le laid profondément. Le beau c’est la couleur fraîche […] la modernité c’est notre miroir […] les œuvres belles sont celles qui semblent le lyrisme naturel d’une époque »… Il a vu dans les vers de Hertz son époque, « une époque qui louvoie, résignée et pas résignée avec un coup d’œil et un sourire dont elle retient une étude ; intelligente comme la lutte (faut pas nous la faire, hé ?) et somme toute plus croyante que non, pressée de dire en un seul mot forte en chimie de sorte qu’elle remet toute question en question […] Hugo et ses Golgothas de théâtre, Baudelaire client de Gautier pour le rayon boucles d’oreille, voilà le second Empire : décor de luxe et ceci le rire qui est un luxe ! (les rieurs sont tristes, voyez l’Anglais). Il y avait sur le boulevart Corbière et Laforgue était au collège. On vous compare à ces deux siffleurs ! mais non ! nous sommes autrement secoués »… Et Jacob évoque Bruant… « Protée, le poète se fait taureau pour ou contre le taureau. Être distingué c’est sortir de soi pour être plus soi »…
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