Lot n° 480

Valery LARBAUD (1881-1957). L.A.S., 6 février 1925, à Frédéric Lefèvre ; 4 pages petit in-4 sur papier bleu à son adresse 71, rue du Cardinal-Lemoine. Ve.
Au sujet des écrivains anglais.
[L’écrivain et critique Frédéric Lefèvre...

Estimation : 700 - 800
Adjudication : Invendu
Description
(1889-1949), rédacteur des Nouvelles Littéraires, était célèbre pour ses interviews « Une heure avec ».]
Il vient d’envoyer à Lefèvre son nouveau livre Ce vice impuni, la lecture… Il va écrire à Arnold Bennett pour recommander Lefèvre. « . Je me demande où j’en suis avec les gens de lettres anglais que je connais personnellement : mon attitude à l’égard de Ulysses [de Joyce] en a dû indisposer ou refroidir un certain nombre ; et ce que j’ai fait pour Butler m’a mis assez mal avec Edmund Gosse, je l’ai su. Il est fâcheux que H.F. Jones soit souffrant actuellement. Il vous aurait aussi introduit dans des milieux intéressants. Edith Sitwell, sans laquelle votre “Une heure avec…” anglais ne serait pas complet, est justement à Paris en ce moment […] Quel dommage que vous ne m’ayez pas dit, quelque temps à l’avance, que vous alliez en Angleterre. J’aurais, dans la mesure du possible, préparé vos interviews avec ces amis-là. Mais vous avez dû voir que vous étiez connu de la plupart de nos confrères anglais, et qu’ils savaient très bien ce que signifiait, pour leur renommée sur le Continent, une visite de vous ».
Puis Larbaud commente l’interview de Frank Swinnerton par Lefèvre : « J’avais oublié l’incident du yacht de Bennett ; cela m’a “fait quelque chose” de le retrouver là, et dans ma mémoire. J’ai été si heureux à Londres avant la guerre ! Je doute de jamais pouvoir retrouver une pareille tranquillité. Car souvent (mais ceci tout à fait entre nous) je faisais semblant, auprès de mes amis et connaissances d’être arrivé depuis quelques jours, alors que j’étais là depuis deux mois ! Vous verrez dans mon Vice impuni… que dès 1908 j’avais publié une longue note sur The Dynasts de Thos. Hardy, dont vous a parlé Swinnerton ».
G. Jean-Aubry aurait pu, mieux que lui, introduire Lefèvre. « Mais encore une fois, on sait sûrement qui vous êtes, même quand on ne l’avoue pas ; l’opinion du Continent leur importe beaucoup plus qu’ils ne le laissent paraître. D’autant plus qu’ils savent qu’il y a en ce moment une tendance “to write down” l’Angleterre et la littérature anglaise. Si vous allez en Écosse, voyez Saintsbury »…
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