Lot n° 492

Marcel PAGNOL (1895-1974). 2 L.A.S., 1955, au général Édouard Corniglion-Molinier ; 11 pages et demie petit in-4 et 1 page et quart in-4.
Longue lettre sur ses ennuis fiscaux.
Minutieux exposé de ses problèmes fiscaux, qui durent...

Estimation : 800 - 1000
Adjudication : 3 956 €
Description
depuis trois ans. « En août 1952, les polyvalents, avant de traquer les petits commerçants, décident de faire des exemples en frappant les “gros”. On découvre que M. Pagnol, qui prétend habiter Monaco depuis 1943, habite en réalité en France » ; il s’agissait en fait de Marcel Pagnoul, compositeur et chef d’orchestre… Mais le fisc lui réclamait 66 millions… « Les polyvalents attaquèrent la Société des Films Marcel Pagnol, et déclarèrent que je touchais des droits d’auteurs trop élevés. Ils conclurent, après examens, enquêtes, rapports, etc., que mon travail de scénariste, dialoguiste, et metteur en scène ne valait pas plus de 10% des bénéfices, et firent un rehaussement de 56 millions. La Société était perdue ». C’est alors qu’il eut le malheur de perdre sa fille : « j’étais hors d’état de penser à mes intérêts, qui me paraissaient bien misérables ». Le rehaussement taxant la Société fut abandonné, et les dettes fiscales réduites à 31 millions ; mais sans qu’on puisse lui préciser selon quel texte il est imposé ! Il travaille à polir Judas qui sera joué le 20 septembre au Théâtre de Paris. « Je ferai jouer une autre pièce aux Variétés, et je partirai ensuite pour l’Amérique, où William Wyler va tourner mon Premier Amour, avec des moyens que nous n’avons pas »… Il ajoute qu’il écrit « sur des pages de cahier d’écolier. Ça me rappelle Condorcet »…
8 août 1955. Il remercie son cher Édouard de sa cravate (de commandeur de la Légion d’honneur) « que tu as nouée toi-même autour de mon col ». Alors que le dernier acte de sa « longue aventure fiscale » va se jouer, il prie de ne pas montrer à l’administration le résumé ci-dessus, qui « pourrait irriter ces puissants chefs »…
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