Lot n° 494

Georges PEREC (1936-1982). 2 L.A.S., Paris « 18 rue de l’Assomption » 16 et 22 avril [1956, à Michel de M’Uzan] ; 3 pages et demie et 2 pages in-4.
Importantes lettres avant d’entamer une psychanalyse avec Michel de M’Uzan...

Estimation : 1500 - 1800
Adjudication : 6 726 €
Description
(1921-2018).
16 avril. Sur les conseils de son ancien professeur de philosophie Jean Duvignaud, Perec contacte Michel de M’Uzan. Il se livre totalement ; après avoir rappelé les étapes marquantes de sa vie (son père tué en 40, sa mère déportée, sa vie avec son oncle et sa tante, sa fugue à 12 ans, son analyse avec Françoise Dolto), il raconte ses débuts d’écrivain, ses échecs amoureux, puis maintenant son incapacité à travailler pour ses examens : « Je n’ai aucun désir que celui de trouver par miracle celle qui saura m’apporter l’amour et la tendresse que j’attends depuis deux ans et demi, aucune force que celle de me faire trainer par mes amis. Je vis de cigarettes et de cafés noirs […] Je dors mal. Je n’ai aucune confiance en moi. Je suis fatigué. J’ai pris à cœur au second trimestre les événements politiques parce qu’il était important d’y prendre parti. Je n’y arrive plus aujourd’hui ». Il a besoin de force et de confiance pour passer ses examens et pour « acquérir la désinvolture nécessaire à favoriser ma recherche de tendresse »…
23 avril. Après en avoir parlé à son oncle, il a réfléchi « longuement pour savoir si une entreprise aussi longue qu’une analyse correspondait à la gravité de mes ennuis. J’étais le seul juge. J’ai finalement décidé qu’elle en valait la peine. J’accepte donc, au rythme et aux conditions que vous m’avez fixés »… Il aimerait cependant savoir s’il pourra « continuer à écrire pendant le traitement »…
On joint une L.A.S. de Michel de M’Uzan à Perec, 4 octobre 1957 (1 p. in-8), l’interrogeant sur sa décision d’arrêter l’analyse, « parfaitement concevable en considération de l’importance du travail accompli »…
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