Lot n° 543

Guerre de CRIMÉE. Joseph-Honoré PEYRAS (1818-1913) officier. Manuscrit autographe signé, Crimée de 1854 à 1856 ; cahier petit in-4 de [1]-280 pages, relié demi-basane rouge.
Intéressant récit de la campagne de...

Estimation : 2000 - 2500
Adjudication : 2 901 €
Description
Crimée.
L’Avant-propos est signé « Peyras Officier d’administration de 1ère classe en retraite chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la croix d’or de St Grégoire le Grand ». [Il était né à La Livinière (Hérault) et s’est retiré en 1893 à Javrezac (Charente), où il est mort.] La page de titre est ornée du dessin d’une rose. L’écriture, sur papier ligné, est très lisible.
Peyras relate son voyage en Orient, de Marseille à Constantinople et Sébastopol ; il décrit les lieux, le siège de Sébastopol, les batailles, les événements, les coutumes locales, les blessés et les maladies, etc. Le récit est la mise au net de notes prises pendant son séjour, et « n’a d’autre mérite que d’être d’une exactitude scrupuleuse ». Le récit commence le 4 avril 1855 et se termine le 13 août 1856 ; il est divisé en chapitres, que récapitule une table détaillée à la fin du volume.
Il quitte Marseille le 4 avril 1855 sur l’Egyptus qui fait escale à Messine puis au Pirée (visite d’Athènes), avant l’entrée dans les Dardanelles et à Constantinople. Puis il gagne la partie sud de la Crimée ; description du théâtre de la guerre… Le 14 septembre, le corps expéditionnaire débarque près d’Eupatoria. « Le siège de Sébastopol sera un siège unique dans l’histoire moderne. Quoique l’effectif de l’armée ait été doublé, nous n’avons pas assez de troupes pour investir la place que les Russes ne cessent de ravitailler »… Récit d’une bataille (5 novembre) : « 6000 hommes résistaient à 60000 », les Français, menés par le général Bosquet, viennent au secours des Anglais, « et tombaient, la bayonnette en avant, sur le flanc des Russes terrifiés. […] L’artillerie prit position et de cruelles trouées furent ouvertes dans les masses ennemies. […] Au même moment le corps du siège avait à repousser une sortie de la garnison de Sébastopol et reconduisait les Russes jusqu’aux portes de la ville où nos régiments seraient peut-être entrés si le désordre de cette double bataille avait permis de s’engager plus avant »... Difficiles conditions du siège dans le froid, les soldats ayant « soit une main ou un pied gelé »... « On a fini par reconnaître que la clé du système de défense de Sébastopol est la Tour Malakoff, sorte de citadelle enterrée »… On travaille aux tranchées… Description des diverses positions, en commençant par le port de Kamiech ; le campement français, le grand quartier général… Après l’échec d’une attaque prématurée, la tour Malakoff est prise d’assaut (8 septembre 1855) ; les ambulances ont pleines de blessés, malgré les évacuations faites sur Constantinople. Le typhus et le scorbut tuent 150 hommes par jour… Nouvelle de la naissance du Prince impérial (13 mars 1856), et avec elle, l’armistice et la paix. Récit de l’évacuation qui commence en avril. Peyras visite Constantinople (Sainte-Sophie, le sérail, le palais, les derviches tourneurs à Péra…) ; observations sur la « religion mahométane » et sur la religion grecque… Le 13 août 1856, Peyras quitte ses amis de Constantinople et embarque pour la France...
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