Lot n° 560

Jules FERRY. L.A.S., Saint-Dié19 octobre [1885], à Mathilde Charras à Thann (Alsace) ; 8 pages in-12 à en-tête Chambre des députés, enveloppe timbrée.
Belle et longue lettre politique, après la chute de son gouvernement (30 mars...

Estimation : 400 - 500
Adjudication : 593 €
Description
1885).
Ce sont des pensées tristes : « La politique que j’ai pratiquée et maintenue pendant deux ans avec le concours des amis de Gambetta est battue, méconnue, par un état d’opinion qui n’est pas fait pour relever l’autorité et le crédit de la France au dehors. […] La politique résolue, nationale, active, qui est la préparation nécessaire du relèvement, n’est point du goût de la masse indifférente, inerte en politique, timide ou pour dire vrai profondément peureuse, qui est en possession de faire ou de défaire les gouvernements. Les monarchistes et les démagogues la connaissaient mieux que nous : le “rayonnement pacifique” de Clemenceau est tout à fait son affaire, pour peu que cette attitude d’enfant bien sage soit couronnée – ce qui est d’ailleurs logique – par la réduction du service militaire à deux années, puis à une année […] J’ai dit un jour que la France ne se résignerait jamais à jouer dans le monde le rôle d’une grande Belgique ; le suffrage universel de 1885 y est tout résigné. […] La droite et l’extrême gauche vont demander l’évacuation du Tonkin […] La République ne s’en relèverait pas […] il importe que je disparaisse, c’est la question qui prime toutes les autres. […] nous tâcherons de faire bonne contenance au milieu du Cirque. Il n’y a rien de bon à espérer de cette Chambre, toute la politique se consistera à l’empêcher de faire le mal. Faire le mal, à l’intérieur, c’est écouter les conseils extravagants qui parlent de donner le coup de barre à gauche »… Etc.
On joint une L.A.S. à Arthur Ranc, 22 juin (1 p. in-8, deuil).
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