Lot n° 569

GUERRE DE 1870. Manuscrit, Campagne 70-71. Notes et souvenirs (suite), 1871 ; carnet in-12 (16,3 x 10,3 cm) de 123 pages, rel. basane vert foncé (plats lég. frottés).
Intéressant journal d’un soldat, resté anonyme. Il commence le 7...

Estimation : 600 - 800
Adjudication : 791 €
Description
décembre 1870, au bivouac d’Argent-sur-Sauldre (Cher), et s’achève le 14 janvier 1871, lors de l’arrivée à Saulnot (Haute-Saône). Le texte, d’une écriture cursive, mais lisible, a été biffé au crayon bleu jusqu’à la p. 85. Chaque page contient un court résumé qui a été écrit en surcharge, perpendiculairement au texte.
L’auteur relate le départ de son régiment d’Argent-sur-Sauldre puis le trajet vers Bourges (Cher), avec une reconnaissance à Presly-le-Chétif. Le 8 a lieu l’arrivée à Bourges, suivie d’un campement à Allogny, à quelques kilomètres au nord. Le 14, le narrateur quitte son régiment pour intégrer l’état-major du 20e corps d’armée sous la direction du général Crouzat (aussitôt remplacé par le général Clinchant), au sein de l’armée de l’Est commandée par le général Bourbaki. Le 20e corps d’armée quitte Bourges dès le lendemain.
Arrivé le 20 décembre à Nevers (Nièvre), l’auteur voyage en train avec les troupes pour arriver le lendemain à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), puis le 31 à Dole (Jura) et le 3 janvier 1871 à Besançon (Doubs). L’armée se dirige ensuite sur Vesoul et affronte, le 9 janvier 1871, les troupes prussiennes à Villersexel (Haute-Saône). Cette bataille, remportée par les Français, est relatée pp. 98 à 111. Les étapes suivantes sont Saint-Ferjeux le 11 janvier, Vellechevreux le 13 et Saulnot le lendemain. Le récit s’arrête le 14 janvier, peu avant la bataille d’Héricourt (Haute-Saône), qui aura lieu du 15 au 17 janvier.
Nous citerons deux extraits : « Le matin, départ avec le général, le grand prévôt, Varaigne, etc. Le temps est superbe. Nous cheminons le long de la colonne. Nous passons au milieu du 3e Zouaves pendant la halte. Clinchant s’arrête et cause gaiement avec plusieurs des anciens zouaves qui l’ont connu comme colonel au Mexique [...] On me fait faire quelques courses le long de la colonne. Je rejoins le général, et après avoir passé un village, nous voyons un officier des Vosges qui s’était arrêté au village, laissant filer sa compagnie sans lui. Le général fait prendre son nom par le grand prévôt, et lui administre un blâme sévère sur la route [...] En arrivant à Avord, le colonel Varaigne m’envoie porter un ordre au général de Polignac, lui disant de se cantonner au besoin dans un petit village voisin d’Avord, et dans un château peu éloigné » (Entre Bourges et Nevers, 18 décembre 1870, pp. 33-34).
« Je monte à cheval avec le général [Billot]. Nous traversons 2 villages et sur la route d’Esprels, le commandant du génie s’arrête, et considère une fumée blanche imperceptible en avant de nous : tout le monde s’arrête ; je n’y vois absolument rien, mais tous les regards exercés prétendent que c’est la fumée du canon : Billot est de cet avis là et pique des deux de plus belle en disant : c’est Clinchant qui est engagé, enfin ! [...]. Au bout de quelques kilomètres le bruit du canon devient perceptible. Nous arrivons à Esprels où nous avons des pièces qui tirent, à 2000 m du village [...] A droite on entend le canon et on voit de la fumée en direction de Villersexel [...] Je vois envoyer quelques obus sur des Prussiens qui sont devant nous à gauche, et qui disparaissent. Le combat continue du côté de Villersexel A droite nous voyons nos tirailleurs se porter en avant, la fusillade commence »… (près de Villersexel, 9 janvier 1871, pp. 99-103).
[Constituée à Bourges en décembre 1870, l’armée de l’Est avait pour objectif de délivrer Belfort où le colonel Denfert-Rochereau était enfermé avec ses troupes. Cette tentative échoua, et l’armée de l’Est fut internée en Suisse, en février 1871, après avoir déposé les armes.]
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