Lot n° 584

MILITARIA. Manuscrit, Lettre d’un Militaire à un Magistrat, [ca. 1778] ; 103 pages in-fol. (31 x 20,5 cm), en 3 cahiers.
Au sujet de la réorganisation de l’armée par le comte de Saint-Germain.
Nommé ministre de la Guerre par Louis...

Estimation : 300 - 400
Adjudication : 396 €
Description
XVI en 1775, Claude-Louis comte de Saint-Germain (1707-1778) s’efforça de réduire le nombre des officiers et d’établir ordre et régularité dans le service. Il fit évoluer le règlement d’exercice et de manœuvre, réforma l’artillerie de campagne et instaura, en 1776, douze écoles royales militaires. Il essaya aussi d’introduire la discipline prussienne dans l’armée française, mais rencontra une forte opposition. Ses idées furent reprises par la suite, notamment dans l’armée formée par la Révolution.
L’auteur de ce manuscrit, resté anonyme, donne une opinion favorable sur une ordonnance du comte de Saint-Germain, qualifiée de « nouvelle législation militaire ». Le texte est divisé en deux entretiens, suivi d’un « chapitre 3 ».
Le « Premier Entretien » traite de la réorganisation de la milice, du commandement, des promotions, des grades et de l’établissement de conseils d’administration dans les régiments de l’armée. Il est ensuite question du recrutement des cadets gentilshommes, de la discipline et de la peine des coups de plat de sabre infligée aux militaires condamnés. Le « Second Entretien » répond au reproche que l’on fait au ministre de s’inspirer de l’exemple allemand. L’auteur rappelle que plusieurs maréchaux, sous Louis XIV, ont adopté les méthodes des armées suédoise et hollandaise, permettant une meilleure discipline dans les régiments. Il aborde ensuite la question de la vénalité des charges, critiquant Louvois qui a trop multiplié les charges de colonels, lieutenants-colonels et majors. Le texte est émaillé d’extraits de l’Art de la guerre de Frédéric II, où celui-ci prévoit une exaltation des qualités du soldat. Cet entretien se termine par un examen des guerres depuis la fin du règne de Louis XIV, puis un éloge du comte de Maurepas et du comte de Saint-Germain. Le 3e chapitre, intitulé Des armemens extraordinaires de l’Europe dans le XVIIIe siècle, relève la supériorité de l’armée allemande, tant pour le nombre de troupes que pour leur mobilité.
Le manuscrit très lisible, avec des corrections et des béquets collés, semble être resté inédit. Il provient des archives de l’officier de marine François-Aymar, chevalier, puis baron de Monteil (1725-1787).
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