Lot n° 30

Jean-Louis BARRAULT. 15 L.A.S., 1950-1970, à Henry de Montherlant ; 25 pages formats divers (la plupart in-4), dont une carte postale et une en partie dactyl., plusieurs en-têtes de la Compagnie-Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault, de l’Odéon...

Estimation : 2000 - 2500
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Description
Théâtre de France, ou d’hôtels ; plus un télégramme et des brouillons de réponse de Montherlant (petits défauts à 2 lettres).
Intéressante correspondance au sujet des pièces de Montherlant.
23 octobre [1950], avant la création au Théâtre Marigny (21 décembre 1950) de Malatesta, dansdes décors et des costumes de Mariano Andreu. Il envoie le programme. « J’aime beaucoup les cardinaux. Il nous reste à voir les maquettes dans leur ensemble et à juger si cet ensemble est aussi vigoureux en couleurs qu’un Carpaccio (ne le croyez-vous pas ?) »… – 12 septembre 1951, annonçant la reprise de Malatesta en octobre. Il sait que Montherlant écrit une nouvelle pièce ; il aimerait la lire, et se déclare prêt à la monter : « Le Montherlant “à costumes”, ou le Montherlant “intime” (comme certains disent). Pour moi je n’aime pas cette distinction ». La compagnie part en tournée à Londres du 20 septembre au 14 octobre… – Rome 7 mars [1952] (carte post.), il a été reçu en audience par Pie XII : « Tandis que nous attendions l’arrivée du Saint Père, [...] le commandant des gardes suisses vint nous dire à voix basse : « “Je vous ai vu dans Malatesta ; j’ai beaucoup aimé la pièce et je suis heureux de savoir comment vous ferez la comparaison.” Mon avis est que nous avons été timides »…
Lyon 3 février 1953. Au sujet de La Ville dont le Prince est un enfant : « Nous allons en effet faire construire dans Marigny un second théâtre plus petit dans lequel nous ne monterons que des œuvres exceptionnelles, et bien entendu, votre pièce y prendrait merveilleusement et logiquement sa place. [...] Ce projet est absolument confidentiel »… – 31 mars 1953. Il ne voit pas d’inconvénient à la reprise du Maître de Santiago au théâtre Hébertot. « Nous ferons choix de la date de La Ville en fonction de cette reprise à 2 ou 3 semaines de distance par exemple. J’ai rencontré, hier soir, les 2 enfants qui ont joué la Ville à Lausanne. Si vous voulez voir l’aîné, je crois qu’il brûle de se montrer à vous »… – 17 février 1954, demandant un texte sur Malatesta pour les Cahiers de la Compagnie. « Et Port-Royal, où en êtes-vous ? »… – 18 décembre 1954, disant sa « joie profonde et réelle » du triomphe de Port-Royal à la Comédie-Française. Il renouvelle son intention de monter La Ville dont le Prince est un enfant, « en “théâtre en rond” ds notre petit théâtre, en régulier pour le 1er Février prochain – jusqu’à épuisement complet de sa carrière, au risque de changer les enfants de génération en génération »...
…31 mars 1959 : « J’ai faim d’une œuvre de vous, et si certains projets se réalisent [allusion à l’Odéon], nous pourrions envisager ceci : une création et une reprise de Malatesta »... – Odéon Théâtre de France10 mars 1960. Il aimerait créer Le Cardinal d’Espagne « avec les interprètes et le metteur en scène et le décorateur de votre choix »… Avec le brouillon autographe de la réponse de Montherlant : « Proposez-moi des interprètes pour jouer Jeanne et surtout le cardinal. Moi, je n’en connais pas, n’allant plus au théâtre »... – 22 mars 1960, rendez-vous pour parler du « merveilleux cardinal » ; il en a longuement parlé avec Pierre Blanchar ; annotation de Montherlant au stylo rouge. – Tel-Aviv 22 mai 1960, il est déçu « d’apprendre par les journaux que vous aviez donné Le Cardinal d’Espagne à la Comédie Française. Je les envie et je suis persuadé qu’ils serviront cette œuvre magnifique avec toute la dimension qu’elle mérite. Ne soyez pas injuste avec nous. Pourquoi ne nous confiez-vous pas La Ville dont le Prince... J’ai mille idées sur elle, elle m’excite ; à notre tour, nous pourrions la servir. C’est une grande œuvre moderne qui serait extraordinaire chez nous et je la présenterais d’une façon nouvelle »...
Odéon 7 septembre 1962, renouvelant ses offres de service ; au verso, brouillon de la réponse de Montherlant, parlant de La Guerre civile. – 16 septembre 1962, il aimerait lire La Guerre civile ; au bas de la lettre, brouillon de la réponse de Montherlant. – 9 décembre 1966, il explique qu’il a dû rendre les maquettes des décors et des costumes de Malatesta à Mariano Andreu, à qui on les a dérobées. « J’ai gardé de notre aventure de Malatesta un merveilleux souvenir, particulièrement de votre gentillesse, et vous savez que depuis, j’ai toujours désiré vous servir (notamment, comme je regrette La ville dont le prince... enfin ! !) »... – 9 décembre 1970 : « Je n’ai jamais oublié Malatesta et les moments passés à vos côtés. Pour certains événements, le passé n’existe pas. C’est le temps toujours retrouvé »… Plus un télégramme du 27 janvier 1970 à propos de Malatesta, avec brouillon de réponse de Montherlant : il garde le meilleur souvenir du Malatesta de Marigny, de l’atmosphère sans nuages des répétitions…
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