Lot n° 74

Paul CLAUDEL (1868-1955). Manuscrit autographe, Hellerau, [1913] ; 4 pages et demie in-fol.
Ce texte, envoyé par Claudel à Gaston Gallimard le 14 juin 1913, a été publié anonymement dans la Nouvelle Revue Française en juillet 1913 sous le...

Estimation : 600 - 800
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Description
titre Le Théâtre d’Hellerau ; en tête du manuscrit, Jean Schlumberger a noté : « De la lettre que nous adresse d’Allemagne un de nos correspondants, extrayons le passage suivant ». Claudel fait ici l’éloge des méthodes d’enseignement et de la salle du théâtre d’Hellerau. Dans cette petite ville voisine de Dresde, Wolf Dhorn et Alexandre Salzmann avaient fondé en 1911 un Institut d’Art, préoccupé de questions théâtrales. Deux choses ont séduit Claudel à Hellerau : d’abord « la musique en des corps humains devenue visible et vivante ». Jaques-Dalcroze apprend à ses élèves « à écouter la musique, non point en s’y prêtant passivement, mais en y participant de tout leur être et de tout leur corps ». Le résultat est incomparable : « C’est pour la première fois, depuis les jours de la Grèce, que l’on voit la véritable beauté au théâtre ». Ensuite, la configuration de la salle, qui est plutôt un « atelier [...] La salle est un vaste rectangle et ne comporte aucune scène fixe ». La disposition des herses et lampes électriques fait que « la lumière anime et fait vivre l’être qu’elle enveloppe et collabore avec lui. [...] La scène n’est point fixe : elle est composée d’éléments mobiles », que Claudel représente par un croquis. Tout ceci en fait le lieu idéal « pour les représentations des drames antiques à laquelle nos scènes modernes sont si mal appropriées ». [L’enthousiasme de Claudel se confirmera lors d’une représentation de L’Annonce faite à Marie qui sera donnée à Hellerau le 5 octobre 1913.]
On joint les épreuves corrigées de cet article (2 p. in-4), avec quelques corrections et ajouts, et une note de Jacques Rivière en tête.
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