Lot n° 94

Jean COCTEAU. Manuscrit autographe signé, Paris en marche, [janvier 1937] ; 7 pages grand in-4 au dos de papier fort à en-tête du restaurant Chez Joséphine.
Beau texte sur la Comédie-Française.
Cocteau revient de son « tour du...

Estimation : 800 - 900
Enchérir sur
www.drouotdigital.com
Description
monde », et s’aperçoit que Paris change, notamment à la Comédie-Française – qui certes avait monté sa Voix humaine avec le décor de Bérard – depuis la nomination d’Édouard Bourdet « à la tête de la maison de Molière », qui s’est « entouré de Copeau, de Jouvet, de Baty, de Dullin, bref des metteurs en scène qui secouent le joug de la routine et brusquement, comme sous un coup de baguette magique, la vieille maison est sortie de son sommeil et coup sur coup nous offre des spectacles de premier ordre ».
Cocteau parle notamment du Misanthrope de Molière, mis en scène par Jacques Copeau (7 décembre 1936), « soirée de feu de joie », où « une sorte d’électricité joyeuse traversait les artistes, les énervait, les exaltait, les poussait à ses surpasser », avec Aimé Clariond et Marie Bell. Puis ce fut une « soirée du clair de lune » avec Le Chandelier de Musset, mis en scène par Gaston Baty (18 décembre), « avec son système d’étages et d’architectures aussi précises qu’une horloge mécanique et qu’un numéro d’illusioniste », avec Julien Bertheau et Madeleine Renaud, qui « laissent du dialogue de Musset, frappé dans un métal neuf, un souvenir inoubliable ». Pour finir, Cocteau annonce que Louis Jouvet prépare L’Illusion comique de Corneille (15 février 1937), avec Christian Bérard, « qui possède le génie du théâtre, invente des décors et des accessoires qui ressusciteront les “machines” des ballets du Versailles de Louis XIV. Je crois que ce spectacle, après l’incendie du Misanthrope et le clair de lune du Chandelier, sera le spectacle de l’arc en ciel et que le nouvel administrateur remportera une victoire définitive »...
Partager