Lot n° 95

Jean COCTEAU. Manuscrit autographe signé, [1946] ; 2 pages in-4 avec corrections sur papier à l’adresse 19, Place de la Madeleine (8e).
Superbe texte sur la magie du théâtre, publié dans la revue Intermèdes, n° 1, printemps...

Estimation : 700 - 800
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Description
1946.
« Je plains les enfants qui n’ont pas connu la porte entrouverte sur la grotte pourpre et or des salles de spectacle où se rendaient leurs familles. Cette porte était celle, par exemple, d’un cabinet de toilette constellé de miroirs. La mère s’habillait pour quelque culte. Le cérémonial était encore la base même du théâtre. Le rideau, la rampe, les girandoles, la bordure en velours rouge des loges, le lustre, composaient un secret gardé comme ceux du deuil et des noces »… Et Cocteau évoque Sarah Bernhardt, « à l’œil de vieille lionne, sous un casque de fausses perles et de glaïeuls », Réjane qui « retroussait sa robe, son épaule, sa hanche, son regard, sa lèvre, ses ondulations », Jane Hading, Lucien Guitry et Mounet-Sully qui « découvrait jusqu’aux naseaux l’architecture de sa bouche », les affiches de Cappiello, et Sem qui épinglait ces monstres sacrés « comme des insectes, avec son crayon pointu, à la limite extrême de leurs grimaces »… Il souhaite à la nouvelle revue de « nous rendre le prestige solennel des trois coups et du rideau qui fait apparaître l’archange terrible de la lumière. »
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