Lot n° 112

Jacques COPEAU. 6 L.A.S. et 4 L.S., New York et Paris 1918-1923, à Clément Rueff ; 13 pages, la plupart in-4 à vignette et en-tête du Théâtre du Vieux Colombier, enveloppes timbrées (qqs. légers défauts).
Intéressante correspondance...

Estimation : 600 - 800
Description
sur sa tournée aux États-Unis et son activité lors de son retour à Paris. [Clément Rueff, Français d’origine, était un important antiquaire à New York, et vice-président des Alsaciens-Lorrains d’Amérique ; dès ses débuts en novembre 1917, il soutint l’entreprise de Copeau à New-York, et les deux hommes se lièrent d’amitié. ]
New York 4 janvier 1918. Copeau tient Rueff au courant de la situation de son théâtre à New-York, il a besoin d’appuis et surtout de public ; il le prie de lui fournir des listes de personnes susceptibles de s’intéresser aux programmes présentés... – 4 mai. Il le remercie de lui avoir envoyé copie de sa lettre à l’Evening Sun qu’il gardera dans ses archives. Il le remercie de son attachement profond au travail de Copeau et de sa compagnie, et il est plein d’espoir pour la 2ème saison (1918-1919). – 7 mai. « Voilà de l’excellent travail […] Quand on demandait à Newton comment il avait découvert les lois de la gravitation universelle, il répondait : “En y pensant toujours !”. C’est ainsi que se font les grandes choses. Pensons-y toujours... et obligeons les autres à y penser. Le Vieux-Colombier grandira »…. – 25 décembre, il le remercie de ses vœux de Noël et des chocolats envoyés pour ses enfants.
Montmorillon (Vienne) 13 août 1919. Pendant que sa femme est partie voir sa mère au Danemark, Copeau se repose avec ses enfants à Montmorillon, chez sa sœur ; ayant appris que Rueff venait en France, il regrette de ne pouvoir le voir. – Paris 13 septembre 1921. Il s’excuse d’avoir laissé longtemps son ami sans nouvelles. Dès le 20 décembre 1920, il a repris La Nuit des Rois de Shakespeare, jouée cent fois de suite. « Le Vieux Colombier a maintenant tout à fait pris pied à Paris et il faut bien reconnaître que l’ensemble des théâtres est si médiocre que nous avons la partie belle » ; mais la salle est trop petite, et donc les recettes insuffisantes… – 20 janvier 1922, il est en pleines répétitions du Misanthrope pour le tricentenaire de la naissance de Molière. –12 février 1923, il donne des nouvelles de son théâtre. Il évoque le départ de Jouvet pour la Comédie des Champs-Élysées, départ qu’il envisageait depuis quelque temps mais qui lui a fait de la peine. Il parle de Stanislavsky avec qui il a eu de nombreux entretiens lors de son passage à Paris et qu’il reconnaît être « le seul homme de théâtre de notre temps que je reconnaisse comme un véritable maître »... – Bruxelles 19 avril 1926, il fera tout son possible pour le voir à Paris.
On joint : – une carte de visite a.s. à Rueff (31 janvier 1935) ; – une l.a.s. de sa femme Agnès Copeau, New York 26 décembre 1918, à Clément Rueff, remerciant de ses vœux de Noël et des chocolats envoyés pour ses enfants.
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