Lot n° 116

Jacques COPEAU. 3 L.A.S., Pernand-Vergelesses 1929-1930, à Gilles Margaritis ; 3 pages in-4 à sa vignette, et 1 page et quart in-8 (fentes).
Belle correspondance au jeune comédien débutant. [Gilles Margaritis (1912-1965), futur réalisateur...

Estimation : 400 - 500
Description
de La Piste aux étoiles, orphelin, avait été confié par son tuteur Roger Martin du Gard à Copeau comme élève-pensionnaire. Dans la troupe des « Copiaux », qu’a rejointe la jeune Américaine Dorothy Imbrie, il va jouer la pièce de Jean Villard et Michel Saint-Denis, Les jeunes gens et l’araignée ou la tragédie imaginaire, pour une tournée en Suisse et en Bourgogne, qui s’achèvera dans le désespoir après le départ de Dorothy (qui jouait le rôle de Miss Dot).]
5 septembre 1929. « Mon cher petit Gilles […] Il m’arrive souvent de chercher autour de moi ta gentille silhouette. J’ai eu le cœur bien noué quand je t’ai su si brusquement arrêté par le mal. […] Je t’imagine étendu sur ton lit, dessinant des nègres à tour de bras. Il faut être bien patient, mon petit Gilles, bien prudent, bien sage. Il faut consentir à ce repos absolu et ne pas tricher avec les prescriptions du docteur. […] il est heureux, en somme, que ton indisponibilité coïncide avec une époque où nous nous trouvons nous-mêmes obligés de suspendre notre travail. Quand tu seras guéri et solide, cela sera peut-être juste au moment où nous nous y remettrons, et, si tu veux, si tu as gardé un bon souvenir de nous, tu t’y remettras avec nous... Entre nous, mon petit vieux, je pense que le départ de cette Dot t’a fait de la peine. J’en ai eu beaucoup aussi, en imaginant la tienne. […] Prenons garde aux femmes, mon gentil camarade ! Et plus elles sont belles, et plus elles viennent de loin avec leurs grands yeux bleus, plus il faut faire attention. Ne pleure pas pour celle-là, va. Pense plutôt au beau travail que tu feras quand tu seras de nouveau sur deux pattes »… – 11 octobre 1929. Il espère que la guérison fait des progrès. « Maiène [sa fille Marie-Hélène Dasté] a eu une petite fille, Catherine, qui est bien belle et bien sage, et toutes deux se portent bien »… – 2 janvier 1930. Il le remercie de ses vœux : « je te souhaite de tout mon cœur que ta santé fasse des progrès, que tu te retrouves bientôt plein de force et d’espoir et capable de travailler comme tu en as le désir. […] Mais aussi je souhaite que l’expérience si fâcheusement interrompue puisse, un jour, être renouvelée et que tu retrouves l’occasion de travailler avec moi et avec Maiène »…
On joint 2 L.A.S., Pernand-Vergelesses 5 et 13 avril 1930 : très occupé et peu maître de son temps, il ne peut ni envoyer un article, ni prendre rendez-vous… (demi-page in-4 chaque).
Partager