Lot n° 133

Jean COQUELIN (1865-1944). L.A.S. « Jean », Bordeaux 24 mai 1904, adressée à son père Constant Coquelin ; 8 pages in-8 à en-tête de l’Hôtel restaurant du Chapon Fin, enveloppe.
Belle et longue lettre sur l’état nerveux d’Edmond...

Estimation : 500 - 700
Description
Rostand et sur l’avancement de Chantecler. Jean Coquelin raconte dans le détail sa visite, en compagnie de Henri Hertz (avec qui il partage la direction du Théâtre de la Porte Saint-Martin), à Cambo à Edmond Rostand, « souffrant, nerveux [...] atteint de découragement profond et de terribles accès de neurasthénie », soigné et réconforté par sa femme. Rostand « se met à pleurer à chaudes larmes [...] il nous dit que le premier et le deux sont presque finis, que le trois et le quatre le sont moins et que le cinq, il ne s’en occupe même pas, que ce n’est rien »... Mais il se heurte à des difficultés terribles qu’il craint de ne pouvoir surmonter. Jean Coquelin évoque avec lyrisme la lecture de la pièce par Rostand, et la raconte en même temps à son père... « C’est fou ! génial ! inouï ! [...] Et c’est follement touchant et beau... et d’autant plus beau que c’est lui. C’est son doute à lui... Rostand, de s’égaler toujours ; et nous pleurions à chaudes larmes tant c’était beau ; tant c’était lui »... Et Rostand achève sa lecture, « épuisé, en eau ». Mme Rostand voudrait que Coquelin [qui doit incarner le rôle-titre] vienne pour redonner courage à Rostand...
[Finalement la pièce est programmée à la Porte Saint-Martin pour 1909, mais Coquelin aîné meurt en janvier. C’est Lucien Guitry qui reprend le rôle, la pièce est créée le 7 février 1910 avec Jean Coquelin dans le rôle du chien Patou, Simone dans celui de la Faisane, mais c’est un échec tant auprès du public que de la critique.]
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