Lot n° 180

Henri GHÉON (1875-1944). 2 L.A.S., [1897], à Paul Fort ; 4 pages in-8 chaque.
Belles lettres poétiques, parlant d’André Gide.
Yport Samedi [août 1897 ?]. Il est au bord de la mer, menant « une vie bucolique. [...] J’entends par...

Estimation : 400 - 500
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Description
vie bucolique le lever à l’heure des coqs, le coucher à l’heure des poules, une journée longue et vide devant soi, et nul projet. [...] Un village très village, une plage exigue, des enfants en masse qui me connaissent tous, car je me plais fort à leur société assez vulgaire et sale, mais si “nature”, des bois immenses et fort peu de baigneurs. [...] Je bois du lait, du cidre, je mange des légumes et du poisson, et je ne songe pas à l’absinthe au sucre » Il a beaucoup travaillé : « fragments d’églogue, bouts de roman (qu’il est terrible d’écrire en prose ! quand le Mercure paiera-t-il les vers !), chansons sur les sources, etc. Cependant j’ai fait une grande partie des Chansons en Fleur qui ouvriront mon deuxième volume des Campagnes simples : le Parterre, la Prairie et le Potager tout entier, il ne me reste plus que le Verger ; j’ai chanté maintes fleurs et maints légumes avec un lyrisme certainement déplacé ». La revue L’Œuvre lui demande des vers et il a reçu une lettre de Vanderem s’étonnant de la critique faite de son roman dans l’Ermitage sur le manque de style, « car, écrit-il : “un soin constant a été apporté à chacune des lignes de cet ouvrage”. Je n’en doute pas ; mais ce sont des soins perdus voilà tout. J’en ai ri toute une matinée ; la campagne me rend féroce ». Il salue toute l’équipe du Mercure, demande des nouvelles de Paris et de Gide...
[Paris, vers le 10 septembre 1897]. Il est impatient de revoir Fort. Il le félicite sur ses « ballades de la Province Nouvelle ». Il raconte ses vacances chez André Gide : « je reviens bourré de sensations et incapable de les exprimer ; je n’ai plus travaillé dès que je me suis senti loin des champs, et mon séjour chez Gide m’a donné le goût de la lecture et de l’oisiveté. Nous avons passé d’admirables journées ensemble, entreprenant de longues promenades [...] Nous avons tué des vipères, descendu des falaises à la corde, affronté les lames battant les rochers autour de nous [..] Gide m’a longuement entretenu de ses projets, véritablement gigantesques. C’est un cerveau effrayant et une sensibilité exacerbée, et avec cela un compagnon délicieux. Je lui ai lu mes Églogues »... Il parle de ses nouveaux poèmes, et de la mise au point du Geste de l’Eté [qui sera publié sous le titre La Solitude de l’été], en même temps qu’il prépare son examen de médecine...
On joint 4 L.A.S. : –29 juillet 1921, à Mme Théo van Rysselberghe (la Petite Dame) qui vient de perdre sa mère, belle lettre de condoléances ; – Maison Neuve 1er octobre 1934, à Mme Paul-Albert Laurens, longue lettre de condoléances et d’espérance spirituelle, à la mort du peintre Paul-Albert Laurens, évoquant leur ami Gide ; – 30 novembre et 20 décembre 1939, à Max Fischer, directeur littéraire chez Flammarion, au sujet de ses ouvrages sous contrat et à venir et de rééditions (L’Homme né de la guerre :Témoignage d’un converti, Saint Vincent Ferrier, et son livre de poèmes Foi en la France….
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