Lot n° 204

Marcel JOUHANDEAU (1888-1979). L.A.S., 29 janvier 1965, à Henry de Montherlant ; 5 pages in-8.
Belle lettre sur La Guerre civile de Montherlant [créée au théâtre de l’Œuvre le 27 janvier 1965, avec Pierre Dux en Pompée et Pierre Fresnay...

Estimation : 250 - 300
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Description
en Caton]. Il a pu, grâce à Fresnay, assister à la première : « Ce fut un grand honneur et une joie pour moi. J’ai beaucoup admiré le choix que vous avez fait de ce moment de l’histoire de Rome, de l’histoire du monde. La beauté du langage, le ton soutenu d’un bout à l’autre de cette large fresque impose. Vous faites voir en raccourci l’envers et l’endroit des absents que vous évoquez tour à tour. Quel carrefour extraordinaire ! quelles rencontres ! quels heurts ! En même temps, sous l’effigie romaine on retrouve les époques récentes et cruelles que nous avons vécues ensemble. Je n’ai cessé de regarder Brutus à la fin de la pièce et un peu regretté que dans les sublimes strophes qui font pressentir le dénouement on n’ait pas surpris davantage l’éclat de son poignard vengeur. L’iconographie de Pompée et de César est suggestive. Leurs statues sont des portraits d’une ressemblance criante [...] Pour mon compte, je ne puis m’empêcher d’avoir un faible pour César, à cause de son visage si viril et parfait, de la ligne de sa vie et des multiples ressources de son personnage. Vous avez bien fait voir ce qu’il y avait d’enflé et de mou chez son rival. Au fond notre destin n’est pas sans rapport avec ce que nous avons mérité. J’aime que vous ayez dit : c’est pour se brouiller qu’on a des amis. Les brouilles sont des orages nécessaires. L’amitié demeure. Je n’ai jamais cessé d’être pour vous le même, même quand j’ai eu le tort peut-être d’avoir des exigences ridicules à votre égard. L’amitié à mes yeux est une dispute sublime, la dispute du St Sacrement »...
On joint une note autographe de Montherlant, brouillon de sa réponse, 3 février 1965 (1 p. in-12).
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