Lot n° 229

Aurélien LUGNÉ-POE (1869-1940). 3 L.A.S., 1904-1906 et s.d., à Fernand Nozière ; 6 pages in-8 à son en-tête et vignette de l’Œuvre, et 1 page et demie in-8 à en-tête de l’Hôtel Anglais, Stockholm.
Intéressantes lettres du...

Estimation : 800 - 1000
Description
directeur de L’Œuvre à l’auteur et critique dramatique.
[Fin juin 1904], sur ses dernières mises en scène. « Moi aussi j’eus préféré donner une reconstitution pure sans le truquage d’une adaptation plus ou moins heureuse, la rime connue, & les costumes qui habillent également dans des soirées éphémères des Juifs, des Égyptiens ou des Romains, mais, cela m’eut coûté beaucoup plus cher. – Je n’aurais jamais intéressé dix personnes à mon effort. Remarquez que ce que je fais, personne ne l’ose faire. – Seul, avec mes ressources, je trouve moyen de donner cette année
Maison [de poupée, Ibsen]
L’Oasis [J. Jullien]
[Le Petit] Eyolf [Ibsen]
Rosmersholm [Ibsen]
Philippe II [Verhaeren] & Polyphème [Samain]
Œdipe [à Colone, Sophocle] & L’Ouvrier [de la dernière heure, Guiraud]
et plus de la moitié de ces pièces a exigé des décors et des costumes – & cela a été présenté proprement […] Qui fait cela à Paris ? »... Il dresse le compte de ses frais (loyers, décors, musique, cachets des artistes, costumes, personnel, affiches, auteurs, etc.), soit 40800, et arrive quand même à boucler son budget sans dette ni actionnaire….
31 octobre 1906. Sur Ibsen. Il représente les intérêts en France de la famille Ibsen et tous les 3 mois il presse Claretie d’inscrire au répertoire de la Comédie-Française Un ennemi du peuple avec Féraudy en Stockmann, ou Les Revenants avec Le Bargy en Oswald. Mais Claretie lui répond toujours avoir « trop de pièces nouvelles à jouer pour songer avant longtemps à Ibsen, présentement du moins, et pour bien longtemps encore ». Il parle ensuite du rôle de Helmer dans Maison de poupée et juge que dans La Dame de la mer des centaines de petits détails commentent Maison de poupée.
Stockholm [1912 ?]. Il est en tournée en Suède et a laissé à Paris sa femme Suzanne Desprès qui répète une pièce de Bataille [Les Flambeaux ?] avec Berthe Bady. Cela se passe mal, on veut retirer à Suzanne son rôle, mais elle se défend avec énergie : « J’ignorais moi-même qui elle était, je te montrerai à Paris ses lettres au jour le jour. Elles sont inimaginables de grandeur et de force distinguée. Son énergie, son dédain, sa riposte hautaine, aux menaces même de coups, contraignent l’admiration. [...] Seule, on la croyait désarmée, elle para tous les coups, seule »…
On joint : – une L.A.S. à Léopold Lacour, [octobre 1893], au sujet de sa conférence avant Rosmersholm d’Ibsen (1 p. in-8, en-tête) : – une L.S. à Lucien Descaves, 6 octobre 1921, au sujet des places de faveur (2 p. in-8, en-tête) ; – 2 L.A.S. de sa femme Suzanne Desprès, à Pierre Wolff au sujet du régime alimentaire de son chien (1914), et à Albert Willemetz (3 p. in-8).
Partager