Lot n° 300

François-Joseph TALMA (1763-1826). L.A.S., Paris 10 avril 1814, [au baron Prosper de Barante] ; 2 pages in-4.
Très belle lettre au sujet de Marie Stuart de Schiller. [Le baron Prosper de Barante (1782-1866), ami de Mme de Staël et l’un des...

Estimation : 700 - 800
Adjudication : 923 €
Description
premiers traducteurs de Schiller, était préfet de Loire-inférieure depuis 1809. Talma vint à Nantes, lors d’une de ses tournées dramatiques. Il joua Oreste dans Andromaque le 15 octobre 1813. À cette occasion, probablement, il rencontra Barante, et lui emprunta Marie Stuart dont il fit une copie.]
Il a tardé à répondre à Barante… « la guerre ensuite venue jusqu’à nos portes a interrompu les communications de la Capitale avec Nantes. Combien dans ces circonstances j’ai pensé à vous et à Madame de Barante, à toutes les inquiétudes où vous deviez être livrés ! Combien de fois ma pensée s’est reportée sur vous dans l’accumulation de tant d’événemens ! Je n’ai point encore fait remettre chez Madame de La Briche les tragédies que vous avez eu la bonté de me confier. J’ai pris la liberté, et je crois vous en avoir demandé la permission, de faire copier Marie Stuart pour moi. Si c’est une indiscrétion, un mot de vous, et cette copie sera brûlée, ou plutôt vous sera remise. […] J’ai lu quelques scènes de cette pièce à plusieurs de mes amis et toujours les larmes nous ont suffoqués. Mon Dieu, quels déchiremens font éprouver à l’âme ces accens si simples de la douleur ! Comme tout cela touche bien plus le cœur que nos grands mots et nos échasses ! Quand serons-nous assez raisonnables pour joindre à nos beautés ce naturel, cette simplicité, ces détails naïfs qui seuls peuvent émouvoir ou faire couler les larmes. Je désire fort que les circonstances vous ramènent au moins pour quelque temps, à Paris, et me donnent occasion de cultiver votre connaissance ; mon dessein est toujours de retourner à Nantes dès que j’en aurai la possibilité. L’accueil que j’ai reçu de vous n’est pas une des moindres raisons qui me détermineroient à revoir ce pays. Je suppose que les événemens ramèneront bientôt à Paris la personne dont vous avez parlé et dont j’ai tant regretté l’absence [Mme de Staël]. Cette espérance me console au moins des maux inséparables d’un si grand changement. Puisse ce nouvel ordre de choses nous donner une paix longue et durable, et nous rendre à la culture des arts et des lettres ! »...
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