Lot n° 16

MAURICE DENIS (1870 - 1943)

Estimation : 1000 - 1500
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Description
Étude pour l'annonciation
(San Francesco del Deserto), vers 1923
Pastel, signé vers le bas vers la gauche
Haut. 66cm Larg. 47 cm

Provenance :
- Ancienne collection du Docteur E.M (vraisemblablement cadeau de l'artiste ou d'un de ses enfants, en remerciement d'une opération chirurgicale)
- Par descendance à l'actuel propriétaire

Exposition : Maurice Denis, Galerie Druet, Paris, 10 - 21 mars 1924, N°76 ou 77

Nous remercions Fabienne STAHL, qui a confirmé l'authenticité de cette oeuvre et nous a aimablement indiqué qu'elle figurait dans les archives Maurice Denis sous le N°923.1001
Annonciation (San Francesco del Deserto), 1923 (D.R)

Cette feuille est une étude préparatoire pour l'annonciation (San Francesco del Deserto), 1923, mais elle est avant tout une étude de la Vierge, véritable sujet de ce pastel.
Maurice Denis y fixe une figure inclinée, les mains jointes en prière au niveau du cou, vêtue d'une longue robe au tissu souple qui laisse deviner le corps. Toute l'attention se concentre sur l'attitude intérieure du personnage et sur son recueillement, qui lui confèrent une présence à la fois simple, humble et monumentale. Dans l'angle inférieur gauche, une petite esquisse de la composition révèle déjà les arcades, les cyprès et le dispositif général de la scène ; elle montre surtout que, dans le projet initial, l'ange se trouvait à gauche et la Vierge à droite, avant que l'artiste n'inverse leur position dans la version peinte. La
feuille associe ainsi l'étude isolée d'une des deux figures et un premier état de la composition, et constitue ainsi un témoignage précieux sur l'élaboration du tableau et la genèse de l'oeuvre.Le catalogue de l'exposition Maurice Denis au musée d'Orsay en 2006/2007 indique à propos de cette Annonciation : Denis qui a découvert Venise avec Marthe en 1907, évoque San Francesco del Deserto dans son journal : « Les cyprès les plus graves que j'ai vus ; beau petit couvent de franciscains, bien seul dans la lagune entouré d'une levée de terre et d'un jardin de cyprès » (T.I, p.70). Quand il y retourne avec Lisbeth, en avril 1922, le lieu lui inspire une Annonciation. Dans son carnet de croquis, un dessin aquarellé du porche de l'église, avec l'hirondelle dans son nid, est suivi d'une rapide ébauche au crayon de l'ange agenouillé devant la Vierge. Suivra le temps des recherches en atelier, avec poses de modèles, pour préciser des attitudes, des drapés. Une étude de la Vierge au fusain et une variante peinte de la partie centrale montrent que le peintre hésite sur la place et sur la position des personnages.

Offert par les enfants de Bernard et Marguerite-Marie NIZERY (+).
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