Lot n° 743

Reliure de Jean de Gonet, 1981.- FAUTRIER.- GANZO (R.). Lespugue. 11 lithographies originales de Fautrier. [Paris, Les Auteurs], 1942, in-4° oblong, reliure souple en peau de truie gaufrée se composant de 30 rectangles (5 en longueur et 3 en...

Estimation : 15000 / 18000
Adjudication : Invendu
Description
hauteur) accolés les uns aux autres, dos avec 4 pièces en beige attachées au plats par de petits rivets, contreplats en velours beige et gardes en velours gris, couv. cons., chemise (dos en box vert pâle à petites bandes doublées de velours gris clair, titre doré au dos, étui bordé de même, petites rousseurs habituelles à tous les exemplaires (reliure signée de Jean de Gonet et datée 1981). Edit. orig. tirée à 133 ex. num. 1/90 ex. sur Chine, signés par Ganzo et Fautrier en dessous de la justification. Celui-ci enrichi d'un dessin original signé par Fautrier. Premier livre illustré par Fautrier (1898-1964), précédé par un projet qui ne vit jamais le jour. Dans les années trente, Malraux, qui travaillait pour Gallimard, proposa au peintre d'illustrer un ouvrage de son choix. Fautrier choisit Les Illuminations de Rimbaud, puis y renonça pour se consacrer à L'Enfer de Dante. L'ouvrage ne fut finalement jamais édité, seules les lithographies firent l'objet d'une exposition à la galerie de la NRF. L'année 1940 marqua le retour du peintre à Paris. Il se lia alors avec Paulhan, Char, Ganzo, Ponge et Éluard dont il illustra les oeuvres. Dans ce premier livre, Ganzo (1898-1995) et Fautrier établissent un dialogue sur le thème de la femme, inspiré de la "Vénus de Lespugue' ou "Dame de Lespugue", statuette féminine en ivoire de mammouth, découverte en Haute-Garonne et aujourd'hui conservée au musée de l'Homme. Pour accompagner ces poèmes, le peintre dessina 11 lithographies en couleurs, la plupart représentant des nus allongés. Il en confia l'impression à Mourlot (Rauch, Les Peintres et le livre, 186 ; Y. Peyré, Peinture et Poésie, pp. 134 et 174 ; Mason, Cabinet des Estampes, Genève, 1986, pp. 74-84 ; Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Fautrier, p. 189.
Dans le domaine réservé mais de plus en plus international qu'est celui de la reliure d'art, Jean de Gonet apparaît comme la figure majeure des trente dernières années. En 1979, l'exposition qui présentait à la Bibliothèque Nationale l'oeuvre de Georges Leroux et de Monique Mathieu, dont la réputation était alors bien établie, fit aussi découvrir Jean de Gonet, dont l'activité créatrice n'avait alors que cinq ans d'âge. Dès cette première apparition publique les productions de ce jeune relieur manifestèrent avec éclat une différence radicale. Jean de Gonet y affirmait en toute connaissance de cause sa rupture avec les modalités et les décors de ce qui constituait jusque-là la reliure de création. Par une approche technique différente, fondée sur la mise à nu de ce qui, depuis des siècles, est couvert (la couture, les attaches), en concentrant sur les points de fragilité (les coins, les mors) ses interventions les plus personnelles, il a constamment associé, au cours de la trentaine d'années qui suivirent, sa pratique créative aux contraintes d'un art dont il a été à la fois le concepteur et le praticien.
La reliure figurera dans le catalogue de la BnF consacré aux reliures de Jean de Gonet pour la période 1973-1982. Superbe ensemble.
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