Lot n° 232

Paul morand (18881976). 2 L.A.S. « Paul » et « Pm », Vevey 19481949, à Emmanuel Berl ; 1 page in-4 et 2 pages oblong in-8.

Estimation : 500 / 700
Adjudication : 650 €
Description
4 avril 1948. Il a su par leur amie M. qu'Emmanuel était furieux : « je n'ai rien du comprendre de ce que tu me proposais », mais l'écriture de Berl est illisible. « J'ai passé un an d'une noire paresse et le dernier mois à emménager, devenant tour à tour peintre et tapissier, pour économiser des “sous” [.] Je ne crois pas forcément à la guerre, mais je suis sur que la Chose vient, sans avoir deviné sa figure »... Il ajoute : « Connais-tu, dans les Mémoires (d'ailleurs médiocres) de Barras, l'admirable portrait de Robespierre à qui il va faire visite en revenant d'Italie (portrait assez semblable à celui de Vigny dans Stello) et l'étonnante visite de Mme de Staël lui amenant Talleyrand retour des USA ? »... 16 novembre 1949. Il se tourmente pour Sylvia et voudrait en parler avec Berl : « Je viendrai pour ça en décembre, mais tu ne diras pas que tu m'as vu. Les gens ne m'amusent pas ; je n'ai jamais été pour les thés et les dtners, et aujourd'hui, je les exècre »... Après des mois de travaux intensifs, il a mis ce matin le mot fin à un roman de 526 pages : « ce mot, ce n'est qu'un leurre, mais il me platt de me leurrer. Titre : Le Flagellant de Séville (assez Goya) ou Portrait d’un flagellant (plus Zurbaran). Action : 180813. Sujet : tragédie d'un honnête homme d'Espagnol qui a cru que Napoléon avait besoin de lui et de son pays pour faire l'Europe »... Les Suisses téléphonent à Morand : « ils croient que Scap. [Georges Scapini, ancien diplomate pour les prisonniers de guerre français en Allemagne] est chez moi. Mais je ne l'ai pas vu depuis mars 44, par une nuit sinistre, à Berlin, pendant une alerte. Il paratt qu'on avait envoyé toutes ses convocations de témoins à décharge à de fausses adresses et qu'il risquait de retourner en taule pour 3 autres années »...
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