Lot n° 234

Paul morand. 2 L.A.S. « PM », Tanger 19511955, à Emmanuel Berl ; 1 page in-4 chaque.

Estimation : 400 / 500
Adjudication : 450 €
Description
10 décembre 1951. « À part Elvira Popesco qui joue du Roussin et la fin de la tempête, ta lettre a été le seul événement de ma semaine. Les robes de chambre, hélas, n'existent plus : un demi-million de Français se sont abattus sur l'Espagne depuis 3 ans, réalisant ce que les Ibères appellent “l'opération gabardine” et les prix ont rejoint ceux du Bd Malesherbes. Enfin, je verrai si Malaga a encore un retard provincial. J'y passerai Noël »... Morand se plaint des agissements de l'éditeur Bourquin, qui signifie à ses auteurs par voie d'huissier que « leurs livres ne s'étant pas vendus, il considère que les droits d'auteur ne sont que des avances [...] J'ai remis ma réponse entre les mains de M. Garçon »... Hélène trouve remarquable L’Homme révolté de Camus... 6 avril 1955. Sa femme Hélène a eu deux petites crises, mais « a appris à vivre avec son mal, comme les démocraties avec Moscou. Le départ de Churchill les délivrera du mal'occhio, mais ne rendra pas à l'Angleterre son empire. J'ai retrouvé un vieux Journal de mai 20 que je donne à Arts ; je l'avais écrit, exceptionnellement, pour Hélène qui était alors en Roumanie ; c'est amusant de voir comment on vivait alors »... Il ne travaille guère, mais lit du Giono, recommande le Balzac de Félicien Marceau, et demande des nouvelles de leur « rossignol radiophonique » [Mireille, épouse de Berl]. En postscriptum, il se moque des salves tirées par une escadre dans le port : « les engins, depuis la bombe H. sont comiques ; les gros 305 ressemblent à des lance-pierres ! »...
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