Lot n° 270

Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart (1780-1854) homme politique, écrivain et bibliophile belge. 2 L.A.S., Bruxelles 1826-1827, au marquis de Fortia d'Urban ; 4 pages in-4, adresses et marques postales (petites déchirures sans atteinte au texte).

Estimation : 500 / 700
Adjudication : Invendu
Description
Intéressantes lettres de nouvelles littéraires, autour de la publication de l'Histoire du Hainaut de Jacques de Guyse par le marquis Fortia d'Urban. 26 novembre 1826. Il le remercie pour l'envoi de l'ouvrage de Jacques De Guyse, au sujet duquel il s'est empressé d'écrire un article pour le Journal de la Belgique : « Vous remarquerez sans doute que les bornes de la feuille m'ont mis fort à l'étroit, mais j'y reviendrai lorsque votre seconde livraison aura paru. Le libraire Lacrosse n'a placé jusqu'ici que dix exemplaires ; plusieurs amateurs attendent que les douze volumes soient imprimés pour les acheter tous à la fois ; je pense qu'il seroit à propos qu'ils se succédassent avec rapidité. Notre Ministre de l'intérieur m'a promis de recommander Jacques de Guyse aux Régences de nos principales villes, afin qu'on en fasse l'acquisition pour les bibliothèques publiques ; j'espère que nos universités donneront l'exemple »... Il travaille à un Tableau politique et littéraire de la Belgique, « mais l'entreprise n'est pas facile par le temps qui court : le fanatisme anti-religieux et la ferveur de l'adulation, chez nous, sont d'une exigence dont rien n'approche ; il faut transformer l'ambitieux Guillaume Ier en prodige de désintéressement et les iconoclastes du 16e siècle en apotres de la tolérance, si l'on ne veut s'exposer aux clameurs de toute la séquelle des écrivassiers transfuges de la France et de nos publicistes ministériels. Les hommes ont bien de la peine à garder une juste mesure, au milieu des lumières qui nous éblouissent de toutes parts »... 11 janvier 1827. Il est mécontent de ses compatriotes qui ne font pas un accueil empressé à l'ouvrage, mais il a bon espoir qu'il prenne place dans toutes les bibliothèques publiques... « Le Roi des Pays-Bas a pris, le 2 de ce mois, un arrêté qui va nous mettre tous à la piste de nos vieilles chroniques, et j'espère qu'il résultera de cette mesure, d'importantes découvertes pour notre histoire. Du reste notre Siècle des Lumières m'a tout l'air d'être celui des passions, et je doute qu'elles conduisent la pauvre espèce humaine au bon ordre social, au bonheur. Grâce à la maladresse de certains agens du pouvoir, les exagérations commencent à devenir fort à la mode chez nous, et l'on nous jette, de gaieté de creur, dans l'ornière de gauche. Si la liberté de la presse reçoit des entraves en France, notre bonne Belgique deviendra l'arène, le réceptacle de toutes les fureurs ultra-libérales. Les infamies qui déjà, sortent, chaque jour, de nos presses ne sont pas concevables. On croirait vraiment que certains esprits ont à tâche de vouloir, à force de turbulence et d'exagération révolutionnaire, perdre la noble cause des libertés publiques en Europe »... Sa visite à Paris est repoussée au mois de juillet...
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