Lot n° 315

Isaac-Ami Bordier-Marcet (1768-1835) ingénieur, industriel suisse, inventeur de plusieurs procédés modernes d'éclairage public. L.A.S., Paris 18 juillet 1811, à André-Marie Ampère ; 2 pages et demie in-4, adresse.

Estimation : 3000 / 3500
Adjudication : Invendu
Description
Importante lettre scientifique relative au brevet pour l'application du principe de la fontaine d'Héron au système d'éclairage à réflecteurs. [Élève et successeur de son parent Ami Argand, inventeur des lampes à courant d'air et créateur de la manufacture royale de Versoix, Bordier-Marcet revendique ici le brevet pour le principe inventé par son prédécesseur, entre temps développé par les frères Girard.] Il s'adresse à Ampère pour une question de physique et de mathématique : « Il s'agit de l'application du principe de la fontaine d'Héron à l'éclairage ». Il affirme que son prédécesseur Argand avait résolu le problème du niveau constant bien avant les Girard : « J'ai encore à Versoix les trois variantes qu'il avoit imaginés du même procédé ». Il compte faire valoir ses droits sur l'invention et prouver que le principe a été appliqué avant que les Girard ne s'emparent du brevet. « Mais j'ai besoin d'une lampe qui ne fasse pas d'ombre pour faire valoir de petits reflecteurs circulaires, dans le principe du Fanal impérial, qui a reçu l'approbation de Mr Gilet Laumont et la votre ; cette lampe dans la disposition que je lui ai donnée deviendroit un bougeoir charmant, par l'application que l'on pourroit lui faire de tous les reflecteurs connus et de tout autre appareil pyrotechnique ; facilement transportable, il remplaceroit avec avantage en bien des cas, la chandelle ; telle est du moins ce que j'en pense ». Il a étudié les principes par lesquels Argand et les Girard étaient chacun arrivés au même résultat d'un niveau constant : « Il y avoit entr'eux une différence remarquable, puisque l'un agit par une double, l'autre par une simple compression de l'air ». Il détaille ces observations ; le calcul du premier consiste à donner aux deux tuyaux la même longueur quelle que soit la capacité de contenance des réservoirs, celui des seconds à faire agir directement la masse d'huile contenue dans chaque réservoir et influer ainsi proportionnellement sur l'effet statique, « en sorte que s'il y a peu d'huile dans le réservoir mitoyen, elle aura plus de peine à soulever celle qui est contenue en plus grande quantité dans le réservoir supérieur ». Ayant perfectionné le principe d'Argand, il espère pouvoir prétendre à une demande de brevet : « Ce qui retenoit Argand, c'était la crainte de l'engorgement des tuyaux et la difficulté du transvasement qui devoit se faire avec lenteur ou bien toute l'huile sortoit par le bec ; au moyen du clapet dont j'ai couronné la sommité du petit réservoir d'air, je n'ai plus cet inconvénient à redouter, le poids du clapet et la masse du liquide l'ouvrent lorsque l'on retourne la lampe, l'air s'échappe par la base du cone, formant réservoir d'air, et par le tuyau conducteur d'huile qu'il contenoit et qui est toujours un peu oxidée par la combustion précédente ou par l'interregne de la lumière ; enfin tous mes tuyaux sont combinés de manière à faciliter le nétoyage et les perquisitions internes ». Etc.
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