Lot n° 95

CONSPIRATIONS. Manuscrit, Interogatoires et depositions par lesquelles sont desduictes bien particullierement les trahisons et conspirations de Charles 2e Roy de Navarre Comte d’Evreux tant contre la personne des Roys Jean et Charles Ve que contre...

Estimation : 2 000 / 2 500
Adjudication : 3 000 €
Description
leur Estat par ligues et associations avec le Roy d’Angleterre, et desduicte lhistoire de l’assassinat de Charles d’Espaigne conble de France faict et commandé par ledict Roy de Navarre, [vers 1650] ; un volume in-folio de [182] ff. n. ch. (dont quelques ff. vierges), reliure de l’époque veau fauve marbré, armes dorées au centre des plats, dos à nerfs cloisonné et fleuronné, encadrement de double filet doré sur les plats, tranches mouchetées (habiles restaurations aux coins, coiffes et mors, mais bel exemplaire).
Très intéressant recueil de pièces historiques qui, sous un titre ne concernant que le cas de Charles le Mauvais, regroupe en fait cinq séries de documents tout à fait distincts historiquement, mais qui concernent à des degrés divers des trahisons ou des révoltes contre l’autorité du Roi de France. * La majeure partie du volume (ff. 1-89) concerne le procès de 1378 que Charles V intenta à grands renforts de publicité contre les tentatives de déstabilisation de la Couronne provenant de son cousin et beau-frère Charles II de Navarre (dit Charles le Mauvais, 1332-1387), perpétuel prétendant à la Couronne de France à cause de l’éviction de sa mère Jeanne II, et ce, à travers une instruction visant son chambellan Jacques de La Rue : arrêté le 25 mars 1378, ce dernier subit plusieurs interrogatoires à Corbeil, puis au Châtelet de Paris, et avoua les différentes alliances passées entre le Roi de Navarre et l’Angleterre (dont le traité qui abandonnait pour trois ans le port de Cherbourg à Richard II), ainsi que deux tentatives d’empoisonnement sur la personne de Charles V (l’une en 1370, la seconde cette même année 1378). Au-delà de l’exécution des agents subalternes (Jacques de La Rue et le secrétaire Pierre du Tertre, le 16 juin 1378), ce fut l’occasion pour la Couronne de s’emparer de toutes les possessions du Navarrais, en Normandie, et dans le Languedoc, dont Montpellier. Désormais replié sur son seul royaume pyrénéen, en partie amputé par la Castille, Charles II passera les dernières années de son règne reclus dans ses montagnes et ayant abandonné toute tentative de s’approprier la Couronne de France. * Procès intenté en 1458 contre le duc d’Alençon (ff. 96-113) : en 1455-1456, Jean II d’Alençon (1409-1476), de la maison de Valois, conspira avec le duc d’York afin de lui livrer plusieurs places en Normandie, en préparation d’une nouvelle invasion du royaume. L’opération fut éventée par la trahison de l’émissaire Pierre Fortin : arrêté à Paris par Dunois le 27 mai 1456, le duc d’Alençon fut placé en détention à Aigues-Mortes. Condamné à mort à la suite de son procès (10 octobre 1458), il fut gracié par Charles VII et enfermé dans le donjon de Loches. Libéré à l’avènement de Louis XI, il se remit évidemment à conspirer de plus belle jusqu’à sa mort, notamment avec Charles le Téméraire. * La relation de la mort des deux frères de Guise en 1588 (ff. 114-128), justifiée par l’accusation de complot contre la sûreté du Roi. Relation fort particulière de tout ce qui se passa à Blois lors de la mort des duc et cardinal de Guise, au mois de decembre 1588, faicte en partie par le sieur Miron premier medecin du Roy [Marc Miron, premier médecin de Henri III]. * Divers actes et mémoires concernant la conspiration organisée en 1636 par Monsieur Gaston d’Orléans et son cousin Louis de Bourbon, comte de Soissons (1604-1641), dans le but d’assassiner Richelieu (ff. 129-163)... Tout se termina par la fuite des deux conspirateurs, et des lettres d’abolition du Roi en faveur de ses parents... * Enfin, une série de pièces concernant les Croquants du Poitou (1636-1637) : cette province fut une des régions touchées par cette importante vague d’agitations et de révoltes fiscales, qui fut réprimée avec sévérité. Exemplaire relié aux armes d’Henri de Guénégaud, marquis de Plancy et de Guercheville (1609-1676), Trésorier de l’Épargne, puis Garde des Sceaux (OHR 1889). Comme ces armes comportent les insignes du Saint-Esprit, elles sont postérieures à sa nomination aux Ordres royaux, à savoir 1656, ce qui donne une indication approximative sur la date de rédaction du manuscrit. Anciennes collections de Louis-Jean-Nicolas Monmerqué (1780-1860) [1851, n° 2844], puis de l’historien charentais Alexis Favraud (ex-libris).
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