Lot n° 96

CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ. Manuscrit, Recherches des autorités et des principes de l’Église catholique, contraires à la Constitution civile du clergé, s.l.n.d. [1791-1797] ; un volume petit in-4 à pagination multiple augmenté de...

Estimation : 800 / 1 000
Adjudication : 1 500 €
Description
feuillets volants ou insérés dans la couture, cartonnage de l’époque, plats recouverts de papier marbré.
Traité théologico-politique inédit composé par un prêtre français réfractaire à la Constitution civile du Clergé, exilé en Prusse, puis installé en Westphalie. Exemplaire de travail de l’auteur, avec de nombreuses corrections et annotations. Le traité est clairement hostile à la Constitution civile du Clergé et s’oppose à la soumission du clergé aux nouvelles lois de la Constitution révolutionnaire. Une table en fournit les principaux chapitres, débutant par le « Fondement des deux puissances », « Nature et distinction des deux puissances », « Indépendance des deux puissances », « Indépendance de la puissance spirituelle de l’Église dans la discipline et son gouvernement », ou encore « Supériorité des évêques sur les prêtres », « Célibat des prêtres » ou « Origine et progrès de la juridiction ecclésiastique », etc. L’auteur de ce traité fait preuve d’une grande érudition en matière d’histoire ecclésiastique, avec une maîtrise des divers conciles, textes patristiques ou réformateurs qui statuèrent en matière de juridiction et de dogme ecclésiastiques…. Votée le 12 juillet 1790 par l’Assemblée nationale constituante, la Constitution civile du clergé devait remplacer les mesures adoptées lors du Concordat de 1516, remettant en question le lien entre le Pape et l’Église de France. Elle visait à réorganiser en profondeur l’Église de France, transformant les prêtres paroissiaux en « fonctionnaires publics ecclésiastiques », à la suite de la loi sur l’abolition des vœux monastiques du 13 février 1790, supprimant 100 000 membres du clergé non rattachés à une paroisse. On imposa à tous les prêtres un serment d’allégeance à la Constitution française au cours des premières semaines de 1791. Les prêtres dits « réfractaires » furent l’objet d’une sévère répression. Si certains prêtres se soumirent au nouveau serment (tel l’abbé Grégoire qui deviendra chef de l’Église constitutionnelle de France), de nombreux membres du clergé choisirent l’exil, tel le présent prêtre, demeuré anonyme, mais qui laissa ce traité où il prend position avec véhémence contre les nouvelles dispositions révolutionnaires en matière religieuse, formulant des arguments théoriques et empiriques justifiant les positions d’un réfractaire. Il étaye ses propos avec force exemples historiques et fait preuve d’une grande connaissance des écrits patristiques et spirituels tout comme il cite force évènements marquants l’histoire de l’Église. Parmi les feuillets volants, on trouve un brouillon de lettre adressée à une Majesté (certainement le nouveau Roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III), qui nous renseigne sur les circonstances de fuite et les aléas financiers de l’auteur, qui quitta la France en 1791, et erra en divers lieux de l’Allemagne jusqu’en 1795, avant de se fixes à Lüdenscheid (Westphalie) ; il rappelle que le Roi l’a vu « à Verdun chez Mme d’Imbert ma nièce à la mode de Bretagne et fille de Mme de Morland » ; il est alors âgé de soixante ans…
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