Lot n° 349

Eugène PÉRIER (1809-1849) diplomate. Manuscrit autographe, Notes diverses, 1832 ; volume petit in-4, titre et 48 ff. (plus ff. vierges), reliure de l’époque demi-basane jaune à coins.

Estimation : 500 / 700
Adjudication : Invendu
Description
Intéressantes notes diplomatiques à Berlin, du 14 février au 1er août, puis du 18 septembre au 16 novembre 1832 (les deux périodes sont séparées par des feuillets vierges). Elles émanent du jeune diplomate Eugène-Fortunat-Paul Périer (1809-1849), dernier fils d’Augustin Périer (1773-1833), donc neveu du Président du Conseil Casimir Périer (1777-1832), et beau-frère de Charles de Rémusat, qui, ultérieurement sera utilisé par Thiers comme agent hors-cadre au cours d’une mission auprès de Méhémet Ali en 1840 : au moment de l’acmé de la crise égyptienne, il s’agissait de sonder le Pacha pour savoir s’il accepterait de régner à titre héréditaire uniquement sur l’Égypte et de se contenter d’une occupation viagère de la Syrie. Considéré par les observateurs comme « peu expérimenté », Périer ne se tira pas avec honneur de cette mission, et il mourut à l’âge de 40 ans. Encore plus jeune en ces années qui virent l’installation de la Monarchie de Juillet et l’éclatement de la crise belge, il a tendance à accumuler les notations générales sur le climat européen ou germanique, comme celle qui ouvre le carnet : « Trois questions préoccupent en ce moment l’Allemagne : 1. Celle de son union commerciale. - 2. Celle du perfectionnement de ses institutions militaires. - 3. Celle de la liberté de la presse et de l’esprit d’opposition entre les peuples et les gouvernements. Sur toutes trois, une lutte active existe entre la Prusse et l’Autriche ». Plus intéressantes sont les communications qu’il rapporte de la part de Frédéric-Guillaume III ou de Jean-Pierre-Frédéric Ancillon (1766-1837), qui succéda en juin 1831 au comte de Bernstorff comme ministre des Affaires étrangères de Prusse. C’était naturellement la question belge, et les délicats rapports avec le Roi des Pays-Bas qui occupaient alors la plupart des dirigeants politiques prussiens. Au demeurant, le manuscrit permet de suivre l’évolution de cette crise vue de Berlin sur presque une année entière, décisive pour la question puisqu’elle vit l’affaire d’Anvers et la mise à raison de Guillaume Ier par les puissances. D’autres affaires européennes sont évoquées : l’occupation d’Ancône par la France, le miguelisme au Portugal, la désignation d’Othon de Wittelsbach comme Roi des Hellènes, succession d’Espagne, etc. La mort de son oncle Casimir Périer, victime du choléra, connue à Berlin le 25 mai, ne fait l’objet que d’une ligne et ne suscite aucun commentaire particulier…
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