Lot n° 122

Pierre frederix (Paris 1897/1970), reporter, voyageur et romancier. 11 L.A.S. 40 pp. in-4. Londres, Bénarès, Grenade, Constantinople, 1923-1926. Longue et truculente correspondance amicale, pleine d'humour et d'anecdotes sur sa quête des femmes,...

Estimation : 500 / 800
Adjudication : Invendu
Description
écrite durant ses longs voyages à travers l'Europe et le Moyen-Orient. Grenade. « [.j. Toute la ville, et peut-être même l'Albaïcin, je la jette aux jésuites. Mais au risque de te rendre vert et jaloux, cet Alhambra, contre quoi je suis logé, je te le déclare, est ce qu'il y a de plus beau en Espagne : propos à mécontenter les Castillans peut-être puisque le bijou, en somme, est œuvre de l'envahisseur. Je craignais un peu une désillusion, et suis allé de plaisirs en plaisirs. Imagination sans doute. Mais il faudrait être absolument eunuque pour ne pas ressentir la volupté d'un pareil lieu. En un instant j'ai peuplé ces bassins d'eau verte, ces salles de repos d'une petite douzaine de sultanes parfaitement nues, parfaitement belles et contentes de l'être. Ah ces Turcs, Monsieur, ces Turcs, que j'aime les Turcs. Ce que je croyais lire dans toutes les arabesques c'était le sacré commandement : sois polygame, sois polygame, sois polygame. Ah ! être le patron dans cette guinguette, quelle vie [.j. Vu Falla qui habite une maison minuscule derrière un très petit jardin traversé de trois filets d'eau et d'où l'on voit toute la Sierra Nevada, et le soir la moitié de Grenade étalée, dans les reflets que font sur les murs blancs les lumières des portes ouvertes [.j ». Constantinople « [.j. Je crus bon d'aller au Cercle d'Orient où frétillait le gratin diplomatique. Je dansai avec deux conseillères, deux secrétairesses, une roumaine muette, des italiennes, une arménienne, une grecque, une princesse divorcée et une bossue. Je me fis présenter à Leilah Hanoum femme du directeur des musées avec le noir dessein de l'interroger sur les harems, et je filai dans le salon avec sa fille qui est mince, blonde, grande, a 18 ans, une cousine et une grand-mère à l'ambassade de Turquie à Paris, chante Duparc, adore le Scenic Railway et guinche divinement, comme je m'en assurai à maintes reprises. Ainsi acheva-t-elle d'écarter le nuage qu'en dinant avec moi, une anglaise trop semblable à certaine danseuse de l'Hippodrome - celui de Cranbourne Street non de Constantin - avait formé devant moi. un mauvais whisky me fit presque heureux [.j ».
Partager