Lot n° 262

Achille allier (Moulins 1808/1836). L.A.S. à Claude Henry Dufour. 3 pp. in-4. Montluçon, 9 mars 1833. Adresse et marques postales au dos. Longue et splendide lettre sur l'Ancien Bourbonnais, qui est aussi une véritable profession de foi. Il court...

Estimation : 800 / 1200
Adjudication : Invendu
Description
le retrouver à Moulins « j'espère que nous exhumerons votre précieux trésor pour le mettre en circulation », avant de partir à Paris où il va faire jouer son réseau de connaissances pour diffuser l'ouvrage « les uns me serviront par dévouement pour l'art, les autres dans un intérêt de vanité ». Il lui est très reconnaissant de l'amitié qu'il lui porte et se dévoue entièrement à son art. « L'art est chez moi une vocation plutôt qu'un état, j'y cherche des jouissances plus que des profits : si le hasard m'avait donné des ressources des De Caylus, des Sommariva, des Visconti, etc., plein d'amour pour mon pays natal, j'aurais emploié ma fortune à lui élever un monument, j'aurais appelé les graveurs français et étrangers, et l'histoire du Bourbonnais eut été exécutée d'une manière napoléonienne, avec un million. Mais avec une fortune médiocre, [.j il faut se résoudre à l'intermédiaire des gens intéressés qui calculent les résultats, laissent de côté l'art, et envisagent la spéculation. Il y aura donc association entre Mr Desroziers et moi. Mr Desroziers peut faire des avances, l'état prospère de sa maison de commerce lui permet de traiter avec avantage pour les fournitures premières [.j. Sans son secours je n'aurais malheureusement pu songer à une entreprise qui s'adresse à trop peu d'intelligences hélas ! [.j. L'artiste confie son nom à la mémoire des peuples et ses œuvres à leur justice. Chaque ouvrier qui a sculpté une pierre de la cathédrale de Bourges n'y a pas mis son nom ; tous ensemble ont fait une œuvre sublime : nous apportons notre pierre à l'édifice de la pensée humaine, qui grandit dans l'avenir. Qu'importe que notre nom se perde ? Quand nos descendants s'arrêteront frappés par la grandeur de l'édifice, nous aurons une part de leur admiration : les clameurs de l'envie, le sourire niais de la médiocrité ne nous poursuivra pas jusque là ! Telles sont les idées que je me fais de ma destination : aussi je marcherai au but sans découragement. tant d'hommes en accomplissant leur œuvre n'ont eu ni un regard pour les suivre, ni une main pour les diriger, que je m'estime heureux d'avoir rencontré au commencement de ma carrière un homme qui m'encourage par son exemple & m'aide par son expérience : réhabiliter vos nobles travaux, vous venger de l'injustice de nos contemporains, faire sentir à une génération qui commence à comprendre l'art, que pendant qu'un fanatisme aveugle faisait une guerre d'extermination au passé, un artiste - savant, la plume & le crayon à la main sauvait ses monuments et ses souvenirs historiques, ses richesses et ses traditions, c'est une tâche que je remercie le ciel de m'avoir réservé [.j ». Il raconte ensuite ses découvertes dans les greniers de l'hôtel de ville de Montluçon et s'alarme des détournements et des détériorations, puis termine sur ses courses géologiques et botaniques dans la région.
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