Lot n° 363

Saint-domingue. 6 lettres de Joseph Orens Cénac de Montcaud + 1 de Bajon, colons de Saint-Domingue. 21 pp. in-4. Petit-Goave [Saint-Domingue], 1770-1782. Rognures en haut des lettres. Correspondance de Cénac de Montcaud, prévôt de la...

Estimation : 300 / 400
Adjudication : 500 €
Description
maréchaussée de Saint-Domingue à Petit-Goave, à son frère conseiller du roi à Mirande. Il évoque le changement de gouverneur, sa nomination à la prévôté de Petit-Goave, ses ambitions à la colonie « vous ne m'y verrez jamais que riche », et donne nouvelles du pays. « nous éprouvons un sec dans ce païs icy des plus considérables, point de pluye depuis neuf mois, et des chaleurs excessives ; tout sèche et les denrées du païs hors de prix par la petite quantité qu'on en fait par rapport à la sécheresse. Nous avons changé de général, nous avons aujourd'huy Monsieur le Comte de Nollivos. J'espère en être protégé, je n'ay pas encore pu luy rendre visite par rapport à mes occupations qui sont sans relâche [.j. Je suis actuellement au Port au Prince pour y présenter mes respects au nouveau général. On a tout lieu d'espérer que nous aurons un règne fort tranquille et bien gouverné. Bajon se porte bien et se dispose à partir pour France dans un an. Nous sommes fort souvent ensemble, avec Mr Broudeau de Condom et autres circonvoisins, et je vous assure que nous passons notre temps fort agréablement à boire à la santé de nos parents qui ne pensent guère à nous, ne connoissant ny carême ny quatre temps et où aucune espèce de viande n'est deffendüe, les estomacs y étant trop faibles [...j ». Avec une lettre de son ami Bégon qui dépeint le pays en des termes peu flatteurs : « je suis le plus puni d'être comme exilé dans un pays ennemi juré de la vertu ; et où les méchans triomphent presque toujours des bons, un pays sans affabilité, sans droiture, sans religion où l'on ne connaît presque d'autres amis que l'intérêt. Combien de fois je me suis repenti d'avoir quitté l'Europe [.j. Ce pays n'est plus pour y faire des fortunes ; il y vient trop d'Européens et toutes les places sont briguées avec rien, l'on ne gagne rien ou bien peu de chose [.j ». JOInt : le brouillon d'une réponse de son frère sur l'habitation qu'il vient d'acquérir à St Domingue + une lettre de Bajon écrite de Mirande.
Partager