Lot n° 1210

RENEFER.- BARBUSSE (Henri). Le Feu (Journal d'une escouade). Illustré de 90 compositions de Renefer dont 10 eaux-fortes originales et 76 bois gravés par Eugène Dété et accompagné d'une préface inédite de l'auteur. P., Gaston Boutitie, 1918,...

Estimation : 50 / 75
Adjudication : 170 €
Description
gd 4°, en feuilles, couv. impr. (petites restaurations au dos), double emboîtage édit. Tiré à 314 ex. num. 1/200 Rives à la forme. En 1914, lors de sa mobilisation dans le 1er Génie, Renefer est déjà reconnu comme un talentueux dessinateur et graveur. Les premières recherches indiquent qu'il réalise la topographie des champs de batailles. Il est décoré de la Croix de Guerre en novembre 1918 pour avoir « exécuté maintes fois de périlleuses reconnaissances dans les secteurs de la Woëvre, de Champagne, de l'Oise, de l'Aisne, se portant spontanément aux points les plus exposés pour exécuter les travaux et croquis relatifs à son service ». L'artiste a tous les jours l'occasion de crayonner quelques croquis sur ses innombrables carnets, s'attachant à témoigner de la vie au front, et de l'homme dans les villages et paysages dévastés. L'éditeur d'art Gaston Boutitie lui commande des eaux-fortes de Verdun et de la Somme en 1916. Il réalise 2 port-folios de 15 gravures, décrivant la vie au front par l'eau-forte. Il témoigne du quotidien des hommes dans le conflit comme le ferait aujourd'hui un reporter de guerre. Il ne le fera pas pour la propagande ou comme les modernes, pour dénoncer le progrès des machines de guerre et la destruction, mais avec humanisme, pour témoigner de la vie de ces soldats dans le « no man's land ». C'est pour la vérité de son témoignage, la justesse de son trait que l'éditeur proposa à Renefer d'illustrer le Feu d'Henri Barbusse, paru en 1917. « J'acceptais et exécutais 60 dessins gravés sur bois et 10 eaux-fortes. J'avais évidemment les sujets sous les yeux ! Je me souviens que pour être tranquille, je travaillais dans les boyaux d'évacuation des tranchées.». Les eaux-fortes sont réalisées en un seul état. Clément-Janin écrit à propos de cet ouvrage : « Ce qui importe c'est de voir, en regard du récit, une image aussi véridique que lui. C'est si l'on veut, une illustration parallèle, dont l'idée part du texte, mais dont l'exécution s'appuie sur la réalité. Une telle illustration ne pouvait être faite qu'à cette heure même où la lutte continue, par un artiste au front, ayant continuellement ses références sous les yeux. M. Barbusse a montré ce qu'il a vu et M. Renefer aussi. Ce livre contient donc Deux Vérités qui marchent côte à côte, avec leur personnalité bien distincte, l'une en trois cents pages, l'autre en dix eaux-fortes et quatre-vingt bois ! M. Renefer a été aussi riche en matière que M. Barbusse, et son talent, déjà confirmé par ses albums d'eaux fortes et de lithographies en reçoit une définitive consécration".
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