Lot n° 13

Un des plus importants voyages en Éthiopie.- BRUCE (James). Voyage aux sources du Nil, en Nubie et en Abyssinie, pendant les années 1768, 1769, 1770, 1771 et 1772. Traduit de l'Anglais par J. H. Castera. Paris, Hôtel de Thou, 1790-1792, 6 vol....

Estimation : 1000 / 1500
Adjudication : 1600 €
Description
4° : 4 de texte (les planches annoncées dans le 1er vol. sont dans le vol. d'Atlas) et 1 Atlas, [4]-VIII-LXXXIII-1 blanche-620, [4]-784, [4]-858, [4]-752, [4]-328-CLXIII-1 blanche p. et [4] p., 15-4-3-43-19 (double) planches et 4 cartes dépliante, plein veau blond de l'époque, dos lisses richement décorés, pièces de titre et de tomaison maroquinées rouge et vert, plats encadrés d'une petite guirlande dorée (2 dos détachés, coiffes arasées, usures, bruniss., déchirure réparée au papier collant à la 1re carte, traces de manipulation à qq. planches). Édition originale de la traduction française. Bruce "laisse cinq volumes qui se lisent comme un roman. Ils rendent compte des nombreuses observations astronomiques qu'il ne manqua jamais de faire, même dans les plus cruels embarras. Ils constituent également la relation la plus vivante et la plus sincère qu'on ait jamais écrite sur l'Abyssinie" (Marcel Griaule). Célèbre voyageur écossais, James Bruce (1730-1794) reprend la tentative infructueuse de Le Noir du Roule (1704-1705) d'établir des relations avec l'Abyssinie (Éthiopie) par l'exploration du Haut-Nil et du Sennaar. Nommé consul à Alger en 1763, grâce à l'influence de lord Halifax, il ne se mit définitivement en route qu'en 1768. Bien accueilli en Abyssinie, il y séjourna quatre années, pendant lesquelles il parcourut le pays, croyant découvrir la source du Nil (en réalité celle du Nil abyssin ou fleuve bleu). Il s'exposa à de grands dangers en Nubie, revint en Égypte dont il explora de nouveau les ruines. La richesse de ses observations et la remarquable production de ses dessins dépassent de beaucoup ses prédécesseurs français. L'importance de ses explorations (6000 km en Afrique orientale) fut longtemps méconnue et souvent mise en doute, car certaines aventures décrites paraissaient extraordinaires, mais plusieurs illustres voyageurs - Edmond Combes et Maurice Tamisier (voyage entrepris en Abyssinie de 1835 à 1837), l'archéologue Léon de Laborde (témoignage dans la "Revue française", 1838, VII, p. 424) - confirmeront l'exactitude des récits de Bruce et malgré l'inexpérience scientifique de l'auteur ses voyages contribueront à mieux faire connaître la géographie et l'histoire naturelle de l'Abyssinie. Quelques années après avoir publié sa relation, encouragé par ses amis à préparer une seconde édition de ses voyages, Bruce décéda brutalement avant d'avoir pu terminer son travail de révision, des suites d'une chute qu'il fit dans son escalier en 1794. Curieuse fin pour ce courageux voyageur qui, tout au long de ses pérégrinations africaines, affronta de nombreux périls.
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