Lot n° 71

Georges BOULANGER (1837-1891) général et homme politique. 35 L.A.S. (la plupart « Georges », une non signée), [Paris et Nancy 1883-1888], la plupart sans date, à Mme Andrée d’Alnoncourt de Ville ; 61 pages in-8 ou in-12, qqs en-têtes...

Estimation : 1000 / 1500
Adjudication : 1 224 €
Description
Ministère de la Guerre. 1re Division (Infanterie.), Hôtel de Paris ou Grand Hôtel du Louvre, quelques enveloppes (on joint 11 télégrammes).
Ardente correspondance amoureuse à une maîtresse.
Mme d’Alnoncourt était employée de bureau, peut-être à la Caisse d’Épargne, et mère de famille. Une seule lettre, écrite sur papier à en-tête du ministère de la Guerre, conserve une certaine formalité : le Général assure la dame de sa sympathie, et l’invite à venir le voir : « Après avoir revu l’instruction pour l’admission des élèves à La Flèche, je suis malheureusement convaincu qu’en effet nous n’aboutirons pas pour votre fils. Mais venez, […] »… Toutes les autres lettres témoignent d’une liaison ardente, et clandestine : « La faute que tu as commise, puisque tu veux l’appeler ainsi, ne t’a rien enlevé à mes yeux. C’est, en effet, l’amour profond que tu as pour moi qui t’a jetée dans mes bras » (vendredi)… « Attends-moi, donc le dimanche 4, à 2 h ½, à la Madeleine, en voiture, comme à notre première entrevue du 5 » (mardi)… « Comme tu l’as deviné, je suis marié, et marié à une femme jalouse, qui à l’odeur a tout découvert. Aussi […], pour conjurer de graves malheurs, nous ne devons plus nous voir d’ici à quelque temps » (mardi)… Il communique confidentiellement une lettre du colonel Azaïs : si Andrée en est contente, « je t’embrasse amoureusement partout où tu voudrais bien me le permettre » [26 juillet 1883]… Rendez-vous avec son « ange chéri » le lendemain à la gare Montparnasse : « je te répéterai que je t’aime et t’adore de tout mon cœur, en attendant que je puisse te le prouver par mes brûlantes caresses » (lundi)… « Demain c’est au 178 fg St Honoré que je t’attendrai à six heures, mon adorée Andrée. Je t’aime de tout mon cœur, et je remercie par avance du bonheur que tu me donneras demain. Un million de brûlants baisers » [18 février 1886]… Il était inutile de s’émotionner : en cas de blâme, « j’étais bien décidé à quitter immédiatement mon commandement, environné de la haute estime, non seulement de ma Division, mais de toute l’armée, qui se livre maintenant à une démonstration enthousiaste en ma faveur » (lundi 15)… Il la conjure de ne pas se laisser aller à de « sombres impressions », mais de penser à ses enfants, puis « à moi, qui t’aime toujours comme je t’aimais avant, et qui ne trouverai jamais assez de paroles pour te dire toute mon affection » (mardi 5 h.)… Etc.
Partager