Lot n° 345

MEXIQUE. Auguste-André-Marie Jamin du Fresnay († 1870) colonel du 8e chasseur à cheval, tué à la tête de son régiment à la bataille de Beaumont. L.A.S., Cholula 19-20 mai 1863, à son cher Castannier ; 4 pages in-8 remplies d’une petite...

Estimation : 500 / 700
Adjudication : 1100 €
Description
écriture serrée sur papier bleu.
Belle lettre sur la prise de Puebla, au Mexique. Depuis l’affaire de San-Andrès, de plus glorieux combats ont été livrés par la cavalerie, et lui-même a été récompensé en étant nommé lieutenant-colonel au 4e Hussards, faisant les fonctions de commandant de place de Cholula. « Nous venons d’avoir une grande diversion, Puebla est à nous. Après une longue résistance nous en sommes venus à bout [...]. Depuis quelques semaines on avait resserré d’avantage l’investissement et à mesure que la détresse de la ville nous était plus démontrée la surveillance devenait plus active. L’armée de Comonfort fesait des efforts pour ravitailler la place et cette dernière cherchait à la seconder. Mais de part et d’autre ils ne purent réussir à percer la ligne. Le lendemain du jour où j’ai remis mon commandement à mon remplaçant de Foucault [...], de la cavalerie et de l’infanterie cherchèrent à passer ; le 6e Escadron fort de 70 chevaux se rua sur cette force sans attendre du secours, il réussit bien à la repousser mais cela lui couta cher »... Foucault fut tué, Montorby blessé à la main, de James a 9 blessures, etc. Quelques jours plus tard, « on apprit que Comonfort était à quelques lieues en arrière de nous avec du canon et des approvisionnements, une colonne fut dirigée sur lui par le général Bazaine, qui partit du camp à 1 heure du matin et surprit l’ennemi à San-Lorenzo. Comonfort essuya une grande défaite qui le dégoutera de longtemps de s’approcher de nous. Ces deux affaires, la certitude de ne pas être secourus, le manque de vivres et de munitions, la pression des habitants et des soldats qui n’en voulaient plus, décidèrent les chefs à traiter »... Enfin le matin du 19 Ortega fit briser les fusils, enclouer les canons, noyer les poudres et ouvrir les portes : la place se rendit, « la majeure partie des chefs sont tombés entre nos mains, Negrette et quelques autres [...] se sont dérobés. Les officiers sont tous prisonniers et sont mécontents et furieux ; ils insultent ceux de nos alliés. Aujourd’hui à 10 heures le général en chef a fait son entrée triomphale, a entendu un Te Deum à la cathédrale et s’est installé en ville. J’espère et je pense que ce ne sera pas pour longtemps. Il nous faut aller promptement sur Mexico, qui ne saurait nous opposer une résistance vive »... Il y aura des difficultés pour former un gouvernement après la guerre, puisqu’on ne veut pas traiter avec Juarez. « Les partis ici se valent, ils veulent la puissance pour avoir de l’argent, cependant il paraît que les officiers prisonniers sont bien et fraternisent avec les autres »...
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