Lot n° 44

BEROALDE DE VERVILLE (François). Le Moyen de parvenir. Nouvelle édition. S.l. S.n., 100070073 (1773).

Estimation : 350 / 450
Adjudication : Invendu
Description
2 tomes en 1 vol. in-12, de 1f. LXXVIII-292 pp. & 1f. LXVIII-288 pp., ill. d'un joli front. gravé de Martinet, plein maroquin vert, dos à nerfs orné de caissons dorés (épidermures sur charnières fragilisées).

Le Moyen de parvenir est un répertoire de petits contes joyeux et de quolibets auquel ont amplement puisé non seulement Tabarin et le pseudo-Bruscambille, mais encore d'Aubigné dans son Baron de Foeneste, et Soret dans son Francion. Charmante édition de ce recueil de facéties et de contes plaisants et fort libres dans un agréable exemplaire.

La collation de cette belle impression soignée - sans doute réalisée à Paris - ne correspond à aucun exemplaire mentionné dans les bibliographies réputées.
Ce tirage paraît avoir échappé aux bibliographes qui citent tous une édition de 1773 avec le même frontispice et les mêmes feuillets de titre mais avec une collation complètement différente.
Cohen (139 - seule édition illustrée avec la réédition de 1773), Royer, Tchemerzine ( II, 691),
Brunet (I, 806/6) et Taschereau, citent des exemplaires qu'ils décrivent comme identiques à l'édition de 1757 (hormis les titres).

L'attribution de cet ouvrage à Beroalde de Virville fut en effet l'objet d'une controverse.

Charles Nodier ainsi que Paul Lacroix dans ses " Dissertations Bibliographiques " pense que l'œuvre est de Rabelais. J. Blavignac, penche pour Henri Estienne… Barbier (III, 371) indique en ce sens : "

Cet ouvrage parut pour la 1re fois vers 1610.

Il a été attribué à François Béroalde de Verville et souvent imprimé sous son nom.
Cette attribution a trouvé de nombreux contradicteurs : M. Péricaud, Ch. Nodier… ". Gay III-287 " bizarre production. dont la bouffonnerie et l'originalité vont quelquefois jusqu'à l'extravagance. " - Laporte (Biblio. clérico-galante) p. 21 " c'est une critique à la Rabelais. et c'est surtout le moyen de parvenir à être c. ".

Béroalde de Verville, de son vrai nom François Brouard (1556-1629), fils de l'humaniste protestant Mathieu Béroald, laisse une œuvre aussi abondante que disparate qui va de l'alchimie et de l'institution juridique à la poésie scientifique ou amoureuse, voire libertine. C'est au cours des dernières années de sa vie qu'il est réputé avoir composé Le Moyen de parvenir qui devait lui assurer une renommée posthume.

Cet ouvrage rassemble, dans le cadre traditionnel d'un banquet, facéties, jeux de mots, citations érudites, quolibets et petits contes joyeux qui s'enchaînent en un continuel coq-à-l'âne.

Il reste aujourd'hui l'un des documents les plus caractéristiques de la société française du début XVIIe siècle.
Viollet-le-Duc (361) n'appréciait pas particulièrement Béroalde, ce " poète, philosophe, grammairien, chimiste, alchimiste, médecin, mathématicien, etc., un des nombreux savants à qui la multiplicité des connaissances a plutôt troublé l'esprit qu'elle ne l'a étendu, tour à tour historien, romancier, conteur et moraliste, métaphysicien obscur, écrivain prolixe et fécond ".
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