Lot n° 205

[ LIGNE, Charles-Joseph prince de]. Mon refuge; ou Satyre sur les abus des jardins modernes. Par le P..... de L..... Londres, De l'imprimerie de W. et C. Spilsbury, chez Deboffe, Dulau et Co., Didier, 1801.

Estimation : 200 / 250
Adjudication : 350 €
Description
In-8° (20,5 x 12,5 cm) : [2]-46 pp.
Broché, à toutes marges conservées, sous couv. de papier marbré de l'époque.
Sous chemise à rabats en pleine percaline rouge, plats ornés de fleurons romantiques dorés dans les angles, doublures de papier vergé rose.

UNIQUE ÉDITION, publiée à Londres sous la direction du prince Louis von Starhemberg (1762-1833), alors ambassadeur autrichien dans cette ville. Von Starhemberg vécut à Bruxelles où son père était ministre, s'y maria à une princesse d'Arenberg, puis retourna en Autriche où il rencontra sans doute Charles-Joseph, alors en exil et qui lui dédie cet ouvrage ("Au comte L. de S....").

Écrit en 1799, ce recueil de poème, notes et autres ajouts d'un esprit propre à l'auteur ("Critique de ma critique", "Supplément à tout ce que j'ai déjà dit en vers et en prose"...) n'est pas le premier ouvrage de Ligne consacré aux jardins puisqu'en 1781 il avait publié sur ses propres presses son célèbre "Coup-d'oeil sur Beloeil". Héritant à la mort de son père d'un jardin conçu sur le modèle de Lenôtre, il le développa et y ajouta vers 1774 une aile dévolue au style anglais, tout en rondeurs et surprises.
Paysagiste passionné, de Ligne était fier de Beloeil, reconnu par ses pairs. Dix ans plus tard, son goût a évolué et "Mon refuge" en est son "développement" (p. 32) : il rejette le formalisme français et rêve d'emprunter les meilleures éléments des jardins mauresques, chinois et anglais (dont il tempère l'engouement contemporain) pour créer le "Jardin-Féerie [...]", plein d'imprévu, de violents passages ombre-lumière, de glaces, de verres de couleurs, de bronze, de fer-blanc pour les dômes ou balustres, de lampions cachés le soir dans les feuillages... "Des bûchers de fagots qu'on allumera dans les hahas perpétueront l'enchantement du jour pendant la nuit, rappelleront le soleil, et se répéteront peut-être dans les eaux couvertes de chaloupes illuminées.
C'est ainsi qu'on donnera des fêtes, et qu'une musique céleste cachée au haut d'un rocher ou dans un souterrain, étonnera ceux qui voudront se reposer dans le salon qu'on y aura pratiqué" (p. 45).

# Vercruysse, Bibliographie, 2008, pp. 222-224.

Provenance : comme bien d'autres, l'exemplaire porte le cachet de la bibliothèque des Princes de Starhemberg ("Fürstlich-Starhemberg'sche/ Familien Bibliothek/ Schloss Eferding". Sont-ce des exemplaires d'un stock d'invendus ramenés par le commanditaire en Autriche ?); Jean Jadot (ex-libris).

RARE EXEMPLAIRE EN SON JUS D'ÉPOQUE !
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